Lausanne Europe https://www.lausanneeurope.org/fr/ Connecting influencers and ideas for global mission Sat, 02 Oct 2021 15:52:45 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.5 https://www.lausanneeurope.org/wp-content/uploads/2019/02/cropped-Lausanne-Movement-Logo-32x32.png Lausanne Europe https://www.lausanneeurope.org/fr/ 32 32 Les Musulmans en Europe et la Réponse de l’Église https://www.lausanneeurope.org/fr/muslims-in-europe-and-the-response-of-the-church/ https://www.lausanneeurope.org/fr/muslims-in-europe-and-the-response-of-the-church/#respond Mon, 20 Sep 2021 11:50:54 +0000 https://www.lausanneeurope.org/muslims-in-europe-and-the-response-of-the-church/ Comment l'Eglise en Europe doit-elle répondre à la présence visible croissante des musulmans sur notre continent ? Je suggère une quadruple réponse : 1. un cœur compatissant ; 2. un esprit informé ; 3. une main engagée ; et 4. une langue qui témoigne. Néanmoins, avant de chercher à toucher le cœur de nos amis musulmans avec l'Évangile de Jésus-Christ, nous devons examiner honnêtement notre propre cœur.

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Comment l’Eglise en Europe doit-elle répondre à la présence visible croissante des musulmans sur notre continent ? Je suggère une quadruple réponse : 1. un cœur compatissant ; 2. un esprit informé ; 3. une main engagée ; et 4. une langue qui témoigne. Néanmoins, avant de chercher à toucher le cœur de nos amis musulmans avec l’Évangile de Jésus-Christ, nous devons examiner honnêtement notre propre cœur.

La peur d’Eurabia et ses conséquences
La présence de plus en plus visible des musulmans en Europe est une source d’inquiétude pour de nombreux Européens, y compris les chrétiens. De nombreuses personnes en Europe craignent l’islamisation de l’Europe. Ils estiment que l’Islam est considéré comme un problème ou un obstacle à la modernisation et soulignent que la relation tendue entre l’Islam et l’Europe est un choc des civilisations. D’autres affirment que l’islam est hostile et incompatible avec les valeurs du monde occidental et soutiennent que des valeurs européennes essentielles, telles que la laïcité, la liberté d’expression et la sécurité, sont menacées par la présence de musulmans en Europe.

Certains écrivent que la présence d’un nombre important de musulmans en Europe est une stratégie délibérée pour s’assurer que les musulmans formeront une majorité démographique dans quelques générations, afin d’imposer leur loi de la sharia sur ce continent.

La progression de l’islam dans son implantation en Europe reste un phénomène difficile à accepter. Les sociétés européennes réagissent essentiellement de manière négative à la visibilité croissante de l’islam dans leurs rangs. Une attitude islamophobe reste forte en Europe et s’exprime en public de plus en plus fréquemment. On trouve également des attitudes islamophobes chez les chrétiens, qui semblent être façonnés par les sociétés dans lesquelles ils vivent.

« Les attitudes islamophobes restent fortes en Europe… malheureusement les églises et les chrétiens partagent souvent ce sentiment négatif »

Ces sentiments négatifs entraînent plusieurs conséquences. Premièrement, il conduit à la marginalisation, à la discrimination et à l’exclusion des musulmans dans la recherche d’un logement, d’un emploi ou d’un stage ; deuxièmement, il contribue à la montée de la xénophobie et à la résurgence du nationalisme.

Malheureusement, les églises et les chrétiens partagent souvent le sentiment négatif qui imprègne les sociétés dont ils font partie. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles nombre d’entre eux ne sont pas intéressés à examiner de plus près ce qui se passe réellement au sein des communautés musulmanes en Europe.

Phases des relations entre l’Islam et l’Europe
Lorsque nous examinons les relations entre l’Islam et l’Europe dans l’histoire, nous pouvons identifier plusieurs phases. Une première phase, qui a duré au moins pendant les dix premiers siècles de l’histoire de l’islam, a été marquée par des conflits majeurs, symbolisés par les croisades. La deuxième phase se caractérise par des vagues historiques d’islam en Europe qui ont laissé une empreinte sur l’Europe jusqu’à aujourd’hui, telles que : la civilisation islamique en Ibérie, les Tatars musulmans dans les régions slaves du nord ; l’Empire ottoman. Dans la troisième phase, nous assistons à la domination européenne des terres islamiques, par le biais du colonialisme et de la mondialisation économique. Dans la quatrième phase, à partir des années 1950 et 1960, l’Islam commence à se répandre en Europe par le biais de la migration des immigrants de première génération venant des anciennes colonies et des travailleurs migrants en réponse à la demande européenne. Dans la cinquième phase, nous assistons à une autochtonisation croissante de l’Islam en Europe. Il en résulte la formation d’un Islam européen, avec une identité propre et prononcée, différente de celle de l’Islam arabe ou de celle des pays d’origine. On peut considérer qu’il s’agit de la sixième phase.

Aujourd’hui, la plupart des pays européens se trouvent quelque part entre la quatrième et la cinquième phase et, dans certains pays, nous assistons au développement de la sixième phase. Je vois trois tendances chez les musulmans d’Europe, à savoir : 1. les immigrés sont devenus des citoyens ; 2. l’Islam est revitalisé dans les Balkans et en Russie ; 3. L’islam en Europe n’est pas une entité monolithique mais s’exprime de diverses manières.

De manière générale, les musulmans d’Europe sont urbanisés, jeunes, économiquement moins aisés et diversifiés.

Le nombre de musulmans en Europe devrait continuer à augmenter, passant d’environ 44 millions aujourd’hui (6 % de la population) à 58 millions en 2030 (8 % de la population). En fonction des migrations futures, le nombre de musulmans en Europe en 2050 pourrait atteindre 75 millions (14 % de la population totale).

Source: Pew Research Centre Report, 29 Nov 2017

Il est important d’être prudent dans l’utilisation des statistiques démographiques. Les statistiques ne donnent souvent aucune indication sur l’engagement religieux, les croyances et les pratiques d’une personne. Certains pensent que seul un tiers de tous les musulmans d’Europe pratiquent activement leur foi islamique.

L’européanisation progressive de la théologie et des pratiques musulmanes
Je constate plusieurs changements au sein de l’islam en Europe.

En ce qui concerne la structure, je constate une institutionnalisation de l’islam en Europe avec la création de conseils islamiques nationaux, l’émergence de dirigeants politiques et civiques musulmans, la formation d’organisations telles que des associations, des écoles et des mosquées, l’occidentalisation des mosquées et la démocratisation de l’autorité religieuse, où les « cyber-imams » font concurrence aux imams des mosquées.

Cette institutionnalisation de l’islam en Europe est une question complexe et non achevée. Les gouvernements d’Afrique du Nord, de Turquie et du Moyen-Orient exercent toujours une grande influence sur l’islam en Europe. Il existe encore un grand nombre de mosquées gérées par des étrangers et dotées d’un personnel étranger. Il reste un grand besoin de former les imams en Europe et de développer des sources de financement nationales pour les institutions islamiques.

En ce qui concerne la pratique, je vois une individualisation des croyances et des pratiques religieuses islamiques. Il s’agit d’un islam où le croyant décide de manière autonome des éléments de l’islam qu’il considère comme obligatoires ou non. Cette individualisation s’exprime de la manière suivante : le développement d’une culture de la jeunesse islamique ; la diminution de l’influence des écoles de droit traditionnelles ; le développement des Fatwahs européens ; l’organisation de l’abattage pendant la fête du sacrifice et la diversité croissante de la pratique religieuse et des convictions parmi les musulmans.

« L’Islam en Europe devrait figurer plus haut dans l’agenda de l’Eglise… Ce qui arrive à l’Europe et à l’Islam n’est pas quelque chose que l’Eglise peut ignorer »

Le résultat de cette individualisation de la foi et des pratiques islamiques ne signifie pas automatiquement un déclin de la pratique religieuse, ni une libéralisation de l’islam, bien que cela se produise en partie. Elle conduit parfois à une attitude critique des musulmans de la deuxième génération envers l’islam de leurs parents et l’autorité religieuse. Certains se détachent de la culture islamique de leurs parents à la recherche d’un islam pur.

En ce qui concerne la théologie, je vois le développement d’une nouvelle herméneutique de l’interprétation du Coran et de la Sunna, notamment dans les écrits de quatre réformateurs musulmans renommés, basés en Europe : Bassam Tibi, Tariq Ramadan, Tareq Oubrou et Abdennour Bidar. Ces quatre personnes contribuent toutes à l’idée d’un islam européen. Je vois d’autres développements d’inspiration théologique : Un désir d’égalité des sexes, exprimé par des théologiennes musulmanes qui expliquent, définissent et redéfinissent plusieurs concepts clés de l’islam. Des changements dans la façon dont la sharia est interprétée. Des changements dans la façon dont la loi sur l’apostasie est interprétée. Discussion sur les conditions juridiques liées au statut de minorité en Europe.

Un nombre croissant d’universitaires musulmans en Europe pensent que l’islam européen est possible, tant sur le plan théologique que politique. Mais il faut comprendre qu’il ne s’agit pas encore d’un fait existant, mais d’un processus en cours. Dans leur conception, un tel islam européen intègre les valeurs de la modernité et les relie au divin. Il préserve le divin dans sa modernité.

La réponse de l’Église : spectateur, suiveur ou précurseur ?
La présence de l’Islam en Europe devrait être une priorité pour l’Eglise en Europe. L’Église ne peut ignorer ce qui arrive à l’Europe et à l’Islam. Nous ne pouvons pas nous permettre d’être des spectateurs lorsque l’Europe et l’Islam déterminent leur avenir ensemble. Nous ne devons pas non plus suivre l’état d’esprit des Européens en général. Au lieu d’être des agents de changement et de transformation dans une société éloignée de Dieu, de nombreux chrétiens européens imitent les sentiments de cette société envers les musulmans. Je crois que nous devons parler des musulmans et avec eux avec des attitudes qui sont influencées par la manière dont Dieu nous traite. Notre pensée, notre attitude, notre comportement à l’égard de l’islam en Europe devraient être guidés par l’amour du don de soi de Dieu manifesté à la croix du Golgotha. Je suggère que les Églises et les chrétiens de toute l’Europe répondent à la présence des musulmans en Europe par : a) un cœur compatissant ; b) un esprit informé ; c) une main engagée ; d) une langue qui témoigne.

L’Église peut façonner l’avenir de l’islam en Europe si nous sommes prêts à refléter la vérité, la gloire et l’attitude de Dieu dans nos relations avec les musulmans qui sont parmi nous.

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L’Église dans une culture sexualisée https://www.lausanneeurope.org/fr/the-church-in-a-sexualised-culture/ https://www.lausanneeurope.org/fr/the-church-in-a-sexualised-culture/#respond Sat, 28 Aug 2021 11:46:24 +0000 https://www.lausanneeurope.org/the-church-in-a-sexualised-culture/ Il n'y a probablement aucun autre domaine où les chrétiens évangéliques d'Europe se heurtent aussi souvent à la culture humaniste séculaire que celui de la sexualité. D'une part, ce n'est certainement pas nouveau, puisque l'église primitive était également en conflit avec la culture gréco-romaine sur ce sujet. D'autre part, ce type de friction est devenu un phénomène de plus en plus gênant. Notre vision de la sexualité en général, et des questions LGBTQ en particulier, est devenue dans de nombreux cas la grande pierre d'achoppement du message chrétien aujourd'hui. En outre, en ce qui concerne l'État et les autorités, la sexualité est devenue une sorte de test décisif pour déterminer si vous êtes considéré comme "in" ou "out".

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Il n’y a probablement aucun autre domaine où les chrétiens évangéliques d’Europe se heurtent aussi souvent à la culture humaniste séculaire que celui de la sexualité. D’une part, ce n’est certainement pas nouveau, puisque l’église primitive était également en conflit avec la culture gréco-romaine sur ce sujet. D’autre part, ce type de friction est devenu un phénomène de plus en plus gênant. Notre vision de la sexualité en général, et des questions LGBTQ en particulier, est devenue dans de nombreux cas la grande pierre d’achoppement du message chrétien aujourd’hui. En outre, en ce qui concerne l’État et les autorités, la sexualité est devenue une sorte de test décisif pour déterminer si vous êtes considéré comme « in » ou « out ».

Cependant, il ne s’agit pas d’un article sur la manière de sortir de ce dilemme. Il ne s’agit pas non plus d’un argument pour que nous, évangéliques, changions notre théologie dans le domaine du sexe et des relations. Plus j’ai fait de recherches sur ces questions – et j’ai écrit une poignée de livres sur le sujet – plus je suis convaincu de la pertinence de la théologie classique à notre époque, en particulier dans le domaine du sexe et des relations. Je souhaite plutôt réfléchir à ce que représente réellement la culture sexualisée. En lien avec cela, je veux stimuler une conversation, non pas principalement sur l’éthique sexuelle évangélique, mais plutôt sur ce qui se passe sous la surface. Que se cache-t-il derrière les slogans de la culture séculaire ?

Une meilleure histoire
Un bon point de référence pour une telle conversation est le livre de Glynn Harrison intitulé « A Better Story : God, Sex and Human Flourishing ». de Glynn Harrison. Harrison est un professeur de psychiatrie à la retraite qui vit au Royaume-Uni. Dans son livre, il décrit de manière convaincante comment la vision humaniste laïque et la vision chrétienne du sexe renvoient à deux histoires très différentes.

L’histoire de l’humaniste laïque est construite autour de l’idée du moi autonome ; l’idée que la véritable réalisation de soi présuppose une forme de rébellion contre les générations, les traditions et les valeurs précédentes. De plus en plus, elle est également fondée sur l’idée que chaque individu possède le pouvoir de définir sa propre identité. Ce dernier point devient particulièrement clair dans les questions relatives au genre et à l’identité de genre, où il est de plus en plus admis qu’aucun individu ne devrait avoir à se soumettre à des facteurs biologiques ou autres qui sont contraires à l’image qu’il a de lui-même.

En ce qui concerne la sexualité, cette histoire humaniste a émergé en étroite interaction avec l’évolution de la société en général, où des éléments tels que l’État-providence de l’après-guerre, la modification des lois relatives au mariage et au divorce, et l’introduction de contraceptifs sûrs et bon marché, jouent tous un rôle crucial. Il est tout simplement devenu possible de vivre de manière autonome, ce qui n’était pas envisageable auparavant. Ce qui s’est passé en cours de route, c’est que la libération sexuelle – la « révolution sexuelle » – est devenue un élément central de l’image de soi de l’homme moderne, libre, autonome et tourné vers l’avenir.

L’histoire chrétienne, en revanche, est fondée sur l’idée qu’un individu – en plus de sa responsabilité et de sa relation personnelle avec le Créateur – s’épanouit dans la communion avec les autres. Cette communion profonde, décrite comme la « connaissance » de l’homme et de la femme l’un par rapport à l’autre (cf. Gn 4,1), présuppose un transfert où les deux parties renoncent à une partie de leur propre autonomie. Ceci est particulièrement important pour le concept de la famille. Par conséquent, ceux qui ont le plus perdu sur l’autel de l’individualisme radical sont les enfants d’adultes qui prennent des chemins séparés ou qui ne se marient même pas.

Nous pouvons déjà voir les résultats de ce à quoi mènent ces deux histoires différentes. Glynn Harrison cite des recherches qui montrent que très peu des promesses de la révolution sexuelle ont été réalisées. Certes, il y avait des choses à régler dans l’ancien système, mais le fait est qu’aujourd’hui nous n’avons ni plus ni mieux de sexe qu’autrefois. Nous ne pouvons pas non plus parler de relations amoureuses qualitativement meilleures qu’avant. En outre, comme on l’a déjà noté, la nouvelle génération d’enfants peut, à bien des égards, être considérée comme celle qui a le plus perdu dans la révolution sexuelle.

Malgré cela, la nouvelle vision du sexe, centrée sur l’individu, est devenue un élément central de la culture occidentale actuelle. Un exemple éloquent peut venir de mon propre pays, la Suède, où, il y a quelques années, nous avons passé en revue les quatre supports pédagogiques les plus répandus pour l’éducation sexuelle dans les lycées et les collèges. Il s’est avéré que, dans ces supports, le sexe était systématiquement présenté comme un phénomène extraconjugal. Ils ne mentionnaient même pas que l’on pouvait avoir des relations sexuelles dans le cadre d’une union conjugale ! En outre, les informations sur les relations amoureuses et la formation d’une famille étaient totalement absentes et, dans trois documents sur quatre, les auteurs ont choisi de séparer complètement l’éducation sexuelle des questions concernant la conception, la grossesse et l’accouchement. Le lien entre le sexe et la procréation a tout simplement été effacé.

L’apparence physique
La sexualisation de la société occidentale comporte d’autres dimensions. Le sexe n’est plus ce qui complète et confirme le dévouement et l’amour de deux individus l’un pour l’autre, mais ce qui initie normalement une relation (qui mène parfois, mais pas toujours, à la formation d’une famille). Cela a conduit à un changement fondamental de nos modes de relation. Récemment, la technologie est devenue une force motrice dans ce domaine, avec des applications de rencontre telles que Tinder, Hinge et Match. De nombreux jeunes d’aujourd’hui pensent en fait que vous êtes « pressant » si vous abordez une personne avec laquelle vous n’avez pas été en contact au préalable par le biais d’une application de rencontre. Il va sans dire que Tinder, et d’autres applications, mettent l’apparence physique au premier plan.

L’apparence physique domine également les industries du divertissement et de la publicité. Comme le dit le groupe chrétien américain Switchfoot dans sa chanson Easier Than Love :

Le sexe est une monnaie d’échange

Il vend des voitures,
Il vend des magazines /… /
Le sexe est une industrie,
Le président-directeur général, de la politique d’entreprise
Un ministre à fleur de peau,
La jeunesse des banlieues, saluant la soi-disant liberté.

À la fin de la chanson, Switchfoot pose ce que sont probablement les questions les plus cruciales dans ce contexte :

Se sentir seul,
Qu’avons-nous fait ?
Quel est le monstre que nous sommes devenus ?
Où est mon âme ?

Ce n’est pas que l’apparence physique ou la beauté soient sans importance. Mais il y a quelque chose de profondément insatisfaisant dans le sexe réduit à une marchandise ; le sexe comme un corps, sans âme. C’est probablement la principale raison pour laquelle la révolution sexuelle s’est avérée si peu porteuse de ce qu’elle promettait autrefois.

Corps, âme et identité
La relation entre le corps et l’âme constitue également la base d’une autre exploration importante de notre époque et de notre culture, et elle a trait au grand projet en matière d’identité de notre temps. Il est clair que la sexualité est devenue plus centrale pour l’identité de nombreux Européens qu’elle ne l’était auparavant. Cela est particulièrement évident au sein du mouvement LGBTQ, qui parle dans une large mesure de l’orientation sexuelle comme d’une base pour l’identité de chaque personne.

Ici aussi, on peut dire que les deux histoires différentes s’interpellent l’une l’autre. Le récit chrétien de l’identité est lié à la croyance en Dieu comme notre Créateur. En tant que tel, Dieu est à la fois notre origine et notre destination future. En outre, notre valeur unique dans la création réside dans le fait que nous sommes créés à l’image de Dieu. Dans le Nouveau Testament, nous pouvons lire que notre identité la plus profonde et la plus vraie est celle qui nous est donnée par Dieu dans le Christ, qui a porté à notre place le fardeau de nous donner la valeur, l’identité et le salut que nous essayons autrement de créer par nos propres moyens.

Lorsque l’on sépare, comme le fait la société humaniste séculaire, le début et la fin de cette histoire – la croyance en Dieu comme Créateur et comme destination ultime de la vie – il est inévitable que nous essayions de remplir notre identité avec autre chose que le repos que nous trouvons dans le Christ, et qui est le grand don de l’Évangile. Il s’agit d’un phénomène intemporel. À toutes les époques, les gens ont construit leur identité avec toutes sortes d’éléments : l’argent, les relations familiales, le talent, l’ethnie, la classe, la beauté, les compétences sociales, etc. Mais à notre époque, l’identité sexuelle est devenue l’une des composantes les plus importantes de toutes. En pratique, on peut même dire que la sexualité a pris la place de Dieu dans nos vies !

Dans ce contexte, le mouvement LGBTQ nous a fourni un nouvel ensemble d’idéologies qui prétendent établir une distinction entre notre corps et notre âme. Mais ici, paradoxalement, ce sont les qualités intérieures d’un être humain, plutôt que son apparence extérieure, qui sont visées. Le mouvement trans prétend que l’identité de genre est quelque chose de fondamentalement métaphysique, sans lien nécessaire avec le corps, la biologie, les chromosomes ou les hormones. Le mouvement queer, tout aussi radical, parle de l’identité et de la sexualité comme étant fluides, ce qui signifie qu’au cours de sa vie, une même personne peut se déplacer d’un côté à l’autre de l’échelle hétéro-bi-homo-trans. En fait, cette idéologie nous offre un choix encore plus large, et dans plusieurs pays, il y a maintenant entre 50 et 70 identités de genre différentes à choisir sur Facebook.

La conséquence de tout cela, c’est qu’une division apparaît entre le corps et l’âme, où l’un n’est pas autorisé à définir l’autre.

Vivons-nous l’histoire chrétienne ?
En résumé, on peut dire que la culture sexualisée touche un certain nombre de domaines très différents les uns des autres. En fin de compte, elle renvoie à l’individualisme radical et à l’accent récurrent mis sur l’apparence physique par les forces du marché. Le discours du mouvement LGBTQ sur le genre et l’identité peut donc être considéré à la fois comme un fruit de la culture individualiste et matérialiste actuelle et comme un facteur de radicalisation de la culture en général.

Il est clair que l’Eglise chrétienne vit dans une histoire de l’identité et de la sexualité qui est, à bien des égards, en contradiction avec l’histoire qui domine notre culture européenne actuelle. La question est de savoir si, en tant que chrétiens évangéliques, nous vivons vraiment selon l’histoire qui nous a été confiée par le Seigneur. Ce n’est que si nous le faisons de manière crédible que nous pourrons constituer un contrepoids positif aux aspects destructeurs de notre culture sexualisée actuelle.

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LECTIO DIVINA … VISIO DIVINA https://www.lausanneeurope.org/fr/lectio-divina-visio-divina/ https://www.lausanneeurope.org/fr/lectio-divina-visio-divina/#respond Wed, 23 Jun 2021 16:05:50 +0000 https://www.lausanneeurope.org/lectio-divina-visio-divina/ Cet exercice spirituel relie le verbal et le visuel. Apparue avec Origen au troisième siècle, la lectio divina est une pratique de l'Église primitive consistant à lire les Écritures, à méditer et à prier dans le but de favoriser la communion avec Dieu et d'accroître la connaissance de la parole divine. Traditionnellement, la Lectio Divina comporte quatre étapes distinctes : lire (lire le texte quatre fois), méditer, prier et contempler.

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LE CHRIST DANS LA TEMPÊTE SUR LA MER DE GALILÉE

Rembrandt Harmenszoon van Rijn

Cet exercice spirituel relie le verbal et le visuel. Apparue avec Origen au troisième siècle, la lectio divina est une pratique de l'Église primitive consistant à lire les Écritures, à méditer et à prier dans le but de favoriser la communion avec Dieu et d'accroître la connaissance de la parole divine. Traditionnellement, la Lectio Divina comporte quatre étapes distinctes : lire (lire le texte quatre fois), méditer, prier et contempler.

La Visio Divina est une forme de regard dans laquelle nous invitons Dieu, dans la prière, à parler à notre cœur en regardant une image ou un tableau. Pendant que vous observez, on vous proposera des questions pour une réflexion silencieuse, dont certaines vous toucheront peut-être, tandis que d'autres seront ignorées. À la fin de la Visio Divina, vous serez invité à partager un mot ou une phrase pour exprimer votre expérience de l'image.

Commençons. Prenez un moment pour faire une pause, restez assis et détendez-vous. Comment Dieu pourrait-il vouloir vous parler à travers ce passage et cette peinture ?

Lectio Divina

Ne lisez pas trop vite, méditez le passage!

Marc 4:35–41 (LSG)

Ce même jour, sur le soir, Jésus leur dit: Passons à l'autre bord.
Après avoir renvoyé la foule, ils l'emmenèrent dans la barque où il se trouvait; il y avait aussi d'autres barques avec lui.
Il s'éleva un grand tourbillon, et les flots se jetaient dans la barque, au point qu'elle se remplissait déjà.
Et lui, il dormait à la poupe sur le coussin. Ils le réveillèrent, et lui dirent: Maître, ne t'inquiètes-tu pas de ce que nous périssons ?
S'étant réveillé, il menaça le vent, et dit à la mer: Silence! tais-toi! Et le vent cessa, et il y eut un grand calme.
Puis il leur dit: Pourquoi avez-vous ainsi peur? Comment n'avez-vous point de foi ?
Ils furent saisis d'une grande frayeur, et ils se dirent les uns aux autres: Quel est donc celui-ci, à qui obéissent même le vent et la mer ?


Priez pour vous apaiser et demandez à Dieu de vous éclairer.
  1. Lectio (lire) - Lisez le texte pour la première fois. Écoutez doucement, sans forcer : sur quoi Dieu attire-t-il votre attention ?
  2. Meditatio (réfléchir) - Lisez le texte une deuxième fois : Il ne s'agit pas d'une étude. Prêtez attention à ce que Dieu a souligné et réfléchissez davantage. Un mot ou une phrase vous vient-il à l'esprit ?
  3. Oratio (répondre) - Lisez le texte une troisième fois. Répondez par de brèves pensées que vous voulez saisir. Notez vos pensées dans un journal ou un cahier.
  4. Contemplatio (repos) - Lisez le texte une quatrième fois. Il ne s'agit pas d'une prière ou d'une méditation, mais plutôt d'une occasion de s'asseoir tranquillement et de laisser Dieu agir.

Visio Divina

Ne regardez pas trop rapidement! Contemplez l'image.

Image
Rembrandt Harmenszoon van Rijn, "Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée", 1633, huile sur toile, 160 cm × 128 cm (62,99 in × 50,39 in). Ce tableau est toujours introuvable après le vol de 1990 au Isabella Stewart Gardner Museum de Boston, MA, USA.

À PROPOS DU PEINTRE

Rembrandt Harmenszoon van Rijn (1606-1669) était un dessinateur, peintre et graveur néerlandais. Maître novateur et prolifique dans les trois disciplines, il est généralement considéré comme l'un des plus grands artistes visuels de l'histoire de l'art et le plus important de l'histoire de l'art néerlandais.

QUESTIONS

  1. Regardez l'image de manière intentionnelle. N'analysez pas trop. Laissez simplement votre vision se reposer sur l'image. Quelles parties de l'image vous sautent aux yeux ?
  2. Quelles pensées ou émotions émergent de l'image ? Notez des mots simples ou des phrases courtes qui reflètent votre réponse, et non des explications complètes. Il n'y a pas de découverte insignifiante.
  3. Lentement, comptez les personnages. Pourquoi l'artiste a-t-il peint ce nombre de personnes ?
  4. Que font les personnages ?
  5. Qui voyez-vous que vous ne vous attendiez pas à voir ? Qui se trouve dans la chaloupe ?
  6. Quel est le personnage du bateau auquel vous vous identifiez le plus ? En continuant à prier, que dit le Saint-Esprit à votre cœur ? Quelles émotions, quels désirs et quelles envies sont évoqués ?
  7. Quelle est votre réponse à ce que le Saint-Esprit vous a révélé ? Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez partager avec d'autres ?
  8. Prenez le temps de répondre à Dieu par la gratitude, la supplication, l'étonnement, la lamentation, la confession et la louange. De quoi avez-vous besoin de vous souvenir ?
  9. Terminez votre prière en vous reposant dans la grâce et l'amour de Dieu.

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Nous Cherchons Ton Royaume https://www.lausanneeurope.org/fr/we-seek-your-kingdom/ https://www.lausanneeurope.org/fr/we-seek-your-kingdom/#respond Wed, 23 Jun 2021 15:55:14 +0000 https://www.lausanneeurope.org/we-seek-your-kingdom/ Vous pouvez être au travail. Vous vous occupez peut-être des enfants. Ou vous voyez des amis (enfin). Mais quelle que soit la sphère de la société dans laquelle vous vous trouvez, Dieu peut travailler à travers vous pour y apporter son royaume - comme au ciel.

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Utilisé avec la permission du LICC. Pour plus d'informations sur "We Seek Your Kingdom" cliquez ici.
Nous cherchons ton royaume dans tous les milieux
Nous aspirons à la manifestation du ciel ici
Jésus, ta lumière brille pour que tous la voient.
Transforme, ravive et guéris la société

Avant toutes choses, en lui tout a été créé
Inspirer la culture, les médias et le commerce
Que tout notre travail serve ton économie
Transforme, ravive et guéris la société

Que la paix, la vérité et la justice règnent partout
Avec nous, sois présent sur la place publique
Emplis de ton intégrité tous ceux qui dirigent
Transforme, ravive et guéris la société

Pardonne-nous Seigneur, quand nous ne nous engageons pas
Et quand nous ne gravons pas ton cœur sur la page de l'histoire.
Fais de nous à nouveau ce que nous sommes censés être
Transforme, ravive et guéris la société

Puissions-nous être fidèles pour gouverner toujours
dévoués dans le service, aimant constamment.
En toute chose, que ton autorité
transforme, ravive et guérisse la société

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Témoigner du Christ dans le domaine des idées : Une approche missionnaire holistique de l’apologétique en Europe https://www.lausanneeurope.org/fr/bearing-witness-to-christ-in-the-realm-of-ideas-a-holistic-missional-approach-to-apologetics-in-europe/ https://www.lausanneeurope.org/fr/bearing-witness-to-christ-in-the-realm-of-ideas-a-holistic-missional-approach-to-apologetics-in-europe/#respond Tue, 25 May 2021 21:19:55 +0000 https://www.lausanneeurope.org/bearing-witness-to-christ-in-the-realm-of-ideas-a-holistic-missional-approach-to-apologetics-in-europe/ Ma première rencontre avec l'apologétique chrétienne a eu lieu pendant mes années de lycée. J'ai été profondément encouragé en tant que disciple et témoin lorsque j'ai découvert que l'Évangile biblique avait un sens en tant que vision du monde, qu'il était fondé sur des faits historiques et qu'il pouvait transformer des vies. Ces premières découvertes formatrices ont influencé mon ministère de manière significative à travers différentes phases. Aujourd'hui, je suis convaincu que, en tant qu'Européens évangéliques, nous devons (re)saisir une vision de l'Évangile comme étant vrai, bon et beau.

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« Nous aspirons à l’émergence d’un plus grand engagement pour le rude labeur d’une apologétique solide. »  L’engagement du Cap

Ma première rencontre avec l’apologétique chrétienne a eu lieu pendant mes années de lycée. J’ai été profondément encouragé en tant que disciple et témoin lorsque j’ai découvert que l’Évangile biblique avait un sens en tant que vision du monde, qu’il était fondé sur des faits historiques et qu’il pouvait transformer des vies. Ces premières découvertes formatrices ont influencé mon ministère de manière significative à travers différentes phases. Aujourd’hui, je suis convaincu que, en tant qu’Européens évangéliques, nous devons (re)saisir une vision de l’Évangile comme étant vrai, bon et beau.

Relever les défis contemporains en Europe
Les idées préchrétiennes, chrétiennes et postchrétiennes se côtoient dans l’Europe d’aujourd’hui. Lorsque nous partageons l’Évangile dans des contextes plus séculiers, nous pouvons constater qu’il n’a pas de sens pour nos amis, voisins et collègues :

  • Les idées et les images chrétiennes sont souvent perçues à travers les lunettes culturelles de la post-chrétienté. Cela signifie qu’ils sont vus à travers des récits d’abus de pouvoir mythiques et factuels de la part des églises et des chrétiens à travers l’histoire.
  • Les réalités, concepts et images bibliques – tels que Dieu, le Père, la sainteté, le péché, l’amour, le salut, la croix, la liberté et Jésus-Christ – ne sont souvent pas perçus à travers les lunettes du christianisme classique. Cela est dû à la perte d’un cadre commun de vision du monde.
  • Le milieu culturel au sens large peut être un contexte dans lequel l’Évangile biblique n’est pas vu, entendu ou ressenti comme une option pertinente de la vision du monde, que ce soit en termes de raison (arguments), d’affections (sentiments) ou d’imagination (histoires).

En outre, dans les contextes européens laïques, Dieu est souvent considéré comme absent ou inexistant. La prière n’est qu’un exercice psychologique. La Bible est considérée comme une collection de textes anciens sans intérêt, qui contient quelques joyaux littéraires. La science a remplacé la foi en Dieu. Le christianisme n’est pas considéré comme unique, mais seulement comme une vision du monde parmi d’autres. Jésus est un humaniste inspirant. La foi chrétienne n’est plus considérée comme objectivement vraie, même si elle peut fonctionner comme une source d’inspiration personnelle ou comme une sorte de spiritualité qui peut conduire à un bien-être accru.

Dieu est généralement considéré comme allant de soi dans nos églises chrétiennes, et les sermons peuvent décrire son amour et sa bonté. Cependant, l’existence de Dieu n’est presque jamais justifiée, elle est généralement seulement présupposée. La Bible est citée et appliquée, mais dans de nombreux cas, aucune raison n’est donnée pour le choix et la crédibilité des livres bibliques. Jésus est adoré, mais souvent aucune explication plus profonde n’est présentée quant à son caractère unique et son salut. La prière, la liturgie et la mission sont essentiellement considérées comme des traditions chrétiennes précieuses, et ne sont donc jamais défendues par rapport au contexte séculier plus large.

Ainsi, de nombreux chrétiens confessants en Europe (et au-delà) sont confrontés à une expérience très exigeante de dissonance cognitive entre les histoires, les croyances et les affirmations de vérité chrétiennes au sein de l’église, d’une part, et les récits et arguments laïques dominants dans la culture au sens large, d’autre part. Cela est dû à des facteurs culturels clés tels que les paradigmes séculiers dans les universités et les médias, la présence croissante du pluralisme des visions du monde et la marginalisation de la foi et de la pratique chrétiennes.

Suivre l’appel à l’apologétique dans l’Engagement du Cap.
Ces défis missionnaires urgents sont inclus dans l’Engagement du Cap dans la section « Témoigner de la vérité du Christ dans un monde pluraliste et globalisé » où un appel à l’action est lancé en relation avec l’apologétique :

Nous aspirons à l’émergence d’un plus grand engagement pour le rude labeur d’une apologétique solide. Cela touche deux niveaux :

  1. Nous devons reconnaître, équiper et soutenir dans la prière ceux qui peuvent intervenir, dans l’arène publique, au plus haut niveau intellectuel et public pour apporter une argumentation en faveur de la vérité biblique et la défendre.
  2. Nous exhortons les responsables d’Église et les pasteurs à doter tous les croyants du courage et des outils pour mettre, avec une pertinence prophétique, la vérité en lien avec la conversation publique de tous les jours et, ainsi, interpeller tous les aspects de la culture dans laquelle nous vivons. Nous souhaitons ardemment voir un plus grand engagement dans le travail difficile d’une apologétique solide.

En ce qui concerne notre Conversation de juin et l’événement Engage II à venir, le premier niveau est illustré par le ministère public du mathématicien et apologiste d’Oxford John Lennox, tandis que nous, en tant que leaders chrétiens, devons mobiliser l’ensemble du peuple de Dieu pour un témoignage fidèle dans notre vie quotidienne. Pour cette tâche missionnaire clé, nous pouvons bénéficier d’un large éventail de ressources apologétiques, telles que la série vidéo Exploring the God Question et le film Against the Tide, tous deux produits par Kharis Productions et impliquant John Lennox. Il est fructueux de réfléchir à cet appel à l’apologétique dans l’Engagement du Cap à la lumière d’une phrase clé de la préface, où l’objectif du Congrès de Lausanne III (et de la déclaration qui s’ensuit) est résumé comme apportant « un nouveau défi à l’Eglise mondiale pour témoigner de Jésus-Christ et de tout son enseignement – dans chaque nation, dans chaque sphère de la société et dans le domaine des idées ».

Nous devons laisser ce défi nous rafraîchir. Pour ce faire, il faut décortiquer le sens de cette phrase très condensée. Elle contient deux parties essentielles :

  • La deuxième partie décrit la mission chrétienne intégrale comme un mouvement continu en trois dimensions, c’est-à-dire la dimension de la longueur (« dans chaque nation »), la dimension de la largeur (« dans chaque sphère de la société ») et la dimension de la profondeur (« dans le domaine des idées »). Cela signifie que la mission chrétienne pertinente s’engage dans ces trois dimensions dans chaque contexte.
  • Le fondement théologique et missiologique de cette « mission en 3D » est articulé dans la première partie de cet énoncé de mission, à savoir « rendre témoignage à Jésus-Christ et à tout son enseignement ». Cela signifie que la mission chrétienne authentique a le Christ et son enseignement au centre et met l’accent sur la vérité, l’intégrité et une perspective holistique.

Ainsi, l’apologétique devrait faire partie intégrante de notre dialogue chrétien contemporain, de notre témoignage et de notre vie de disciple dans un monde séculaire et pluraliste.

Lorsqu’un chrétien défend la vision chrétienne du monde comme la meilleure explication d’une preuve, d’une expérience ou d’un phénomène donné, il le fait dans un contexte pluraliste de revendications de vérité en concurrence et d’excuses rivales. Chaque vision du monde religieuse et séculaire a ses propres apologistes et ses propres contributions apologétiques. C’est dans ce contexte que s’inscrit une approche missionnaire holistique de l’apologétique chrétienne, dont les trois catégories clés sont la pré-évangélisation, l’évangélisation et la post-évangélisation.

L’apologétique chrétienne en tant que pré-évangélisation : Répondre et établir un programme.
L’apologétique s’est traditionnellement vu assigner le rôle de répondre aux questions honnêtes sur la foi chrétienne, de traiter les objections sérieuses aux affirmations de la vérité biblique, d’exposer les mythes influents sur l’Évangile et de démonter de manière positive les alternatives de vision du monde séculières et religieuses actuelles. Ces fonctions de l’apologétique ont souvent été décrites comme l’élimination des pierres d’achoppement intellectuelles sur le chemin de la foi personnelle (potentielle) dans le Dieu de la Bible. L’argumentation apologétique ne peut pas créer la croyance, mais elle peut créer une atmosphère dans laquelle la croyance pourrait prendre vie.

C’est une tâche quotidienne pour chacun d’entre nous, dans nos relations personnelles avec notre famille, nos amis, nos collègues et nos voisins. Comme l’exprime Paul : « Soyez sages dans votre manière d’agir envers les étrangers ; profitez de chaque occasion. Que votre conversation soit toujours pleine de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment répondre à chacun. » (Col. 4:5f)

Cette fonction pré évangéliste est également liée au rôle d’établissement de l’agenda public de l’apologétique chrétienne, qui est crucial dans des contextes de revendications de vérité concurrentes où l’histoire chrétienne est souvent oubliée, négligée ou marginalisée. En étant le sel et la lumière dans les médias grand public, dans les universités et dans d’autres contextes éducatifs, les chrétiens qui jouent un rôle public peuvent contribuer à créer et à maintenir un milieu culturel dans lequel l’évangile biblique peut être entendu comme intellectuellement défendable et expérientiellement satisfaisant. Il s’agit clairement d’une tâche essentielle face au politiquement correct, à la pensée séculière influente et aux croyances religieuses alternatives.

L’apologétique chrétienne comme évangélisation persuasive : Recommander et clarifier.
L’évangélisation et l’apologétique sont des activités distinctes mais liées. Alors que l’évangélisation est la proclamation effective de l’Évangile, invitant les gens à croire en Christ et offrant le pardon et une nouvelle vie en Christ, l’apologétique recommande cet Évangile de Jésus-Christ comme étant intellectuellement convaincant, historiquement crédible et existentiellement attrayant. Dans le même esprit, le Manifeste de Manille « affirme que l’apologétique et l’évangélisation vont de pair ».

L’apologétique a également un rôle clé de clarification par rapport à la conversion en tant que décision de vision du monde. En l’absence d’une apologie qui ait un sens pour les personnes extérieures et qui les engage, il est impossible, même en principe, de décider entre diverses visions du monde. Par conséquent, lorsque nous partageons nos témoignages personnels, nous devons être prêts à clarifier pourquoi la vision chrétienne du monde devrait être préférée, sur la base de la vérité révélée par Dieu dans la révélation générale et spéciale.

Dans le contexte européen actuel, on retrouve cette initiative stratégique chez FEUER, la Fellowship of Evangelists in the Universities of Europe. Il s’agit d’un réseau d’évangélistes à travers l’Europe qui s’engagent à proclamer, recommander et défendre publiquement la vérité, la beauté et la splendeur de l’évangile dans le contexte universitaire auprès de la génération actuelle d’étudiants. Ces initiatives encourageantes peuvent également inspirer les églises et les ministères évangéliques à mener des actions apologétiques créatives dans d’autres domaines.

Nous pouvons apprendre dans cette tâche de la rencontre de Paul avec le roi Agrippa et le gouverneur Festus dans Actes 26. Après avoir partagé l’histoire de sa vie, l’apôtre a dû faire face à une forte opposition. Il a répondu en recommandant l’évangile de Jésus comme étant vrai et raisonnable, cohérent, crédible, et qui change la vie.

L’apologétique chrétienne comme post-évangélisation : Affirmer et équiper.
Alors que les contextes de pré-évangélisation et d’évangélisation décrivent la tâche missionnaire externe de l’apologétique chrétienne, le contexte post-évangélisation décrit la tâche missionnaire interne consistant à affirmer le croyant dans sa décision de commencer (ou de continuer) à croire en Jésus-Christ. Nous devrions être prêts à offrir de telles affirmations aux croyants chrétiens, d’une manière qui soit personnellement engageante et culturellement pertinente.

Comme nous l’avons déjà vu, la tâche apologétique consiste également à équiper les croyants pour qu’ils témoignent du Christ et de tout son enseignement, dans toutes les parties du monde – non seulement sur le plan géographique et culturel, mais aussi dans toutes les sphères de la société et dans le domaine des idées. Cela concerne la tâche de toute une vie de développer un esprit chrétien, que ce soit en relation avec le monde académique, les médias, notre lieu de travail, nos relations, ou tout autre domaine de notre vie quotidienne.

Cette tâche post-évangéliste est au centre du contexte de mon propre ministère en Norvège. Inspirés par le Forum européen des dirigeants, nous avons mis en place des initiatives apologétiques pour permettre aux chrétiens de gagner en confiance et d’être équipés pour un témoignage personnel et public. Ces initiatives comprennent un programme académique, des ateliers et des ressources en ligne, une grande conférence nationale annuelle et une nouvelle marque d’édition.

Nous trouvons la tâche d’affirmer et d’équiper dans le Nouveau Testament. Luc voulait rassurer Théophile sur la vérité qui lui avait été enseignée (Luc 1, 4). Pierre demande à ses lecteurs de « toujours être prêts à répondre à tous ceux qui vous demandent de donner la raison de l’espérance que vous avez. Mais faites-le avec douceur et respect ». (1 P 3,15) Aujourd’hui, la famille chrétienne, l’église locale et les autres communautés chrétiennes sont des contextes stratégiques pour faire mûrir les disciples et les préparer au témoignage.

Trouver notre propre rôle apologétique
Ainsi, en tant qu’évangéliques en Europe, nous sommes appelés à témoigner de Jésus-Christ et de tout son enseignement également dans le domaine des idées. C’est une tâche urgente, et chaque croyant doit être mobilisé. Prions Dieu pour qu’il nous donne la sagesse d’identifier nos propres rôles apologétiques, dans le contexte de nos propres arènes, afin de nous permettre d’être bibliquement authentiques et culturellement pertinents dans notre témoignage personnel et public.

Lectures complémentaires recommandées:

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L’Apologétique ecclésiale pour Dieu : devenir une bonne Église aux yeux d’un monde qui nous observe https://www.lausanneeurope.org/fr/the-ecclesial-apologetic-for-god-becoming-a-good-church-in-the-eyes-of-a-watching-world/ https://www.lausanneeurope.org/fr/the-ecclesial-apologetic-for-god-becoming-a-good-church-in-the-eyes-of-a-watching-world/#respond Tue, 25 May 2021 17:48:38 +0000 https://www.lausanneeurope.org/the-ecclesial-apologetic-for-god-becoming-a-good-church-in-the-eyes-of-a-watching-world/ En tant que conférencier en apologétique, enseignant aux autres à défendre et à promouvoir la foi chrétienne, je suis convaincu que le christianisme donne plus de sens à notre expérience humaine que toute autre vision du monde, qu'elle soit religieuse ou séculaire. Les disciples de Jésus, aujourd'hui, doivent partager une foi cohérente qui correspond à la réalité du monde. Et nous devons répondre aux idées sécularistes qui déclarent fièrement que l'univers matériel est tout ce qu'il y a, et que les " dérangeurs de Dieu " devraient retourner dans leur boîte et privatiser leur foi. Je loue Dieu pour le travail courageux et sage d'apologistes intellectuels comme John Lennox, qui nagent à contre-courant des universitaires athées et renforcent la confiance de chacun pour proclamer la seigneurie du Christ sur la place publique.

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En tant que conférencier en apologétique, enseignant aux autres à défendre et à promouvoir la foi chrétienne, je suis convaincu que le christianisme donne plus de sens à notre expérience humaine que toute autre vision du monde, qu’elle soit religieuse ou séculaire. Les disciples de Jésus, aujourd’hui, doivent partager une foi cohérente qui correspond à la réalité du monde. Et nous devons répondre aux idées sécularistes qui déclarent fièrement que l’univers matériel est tout ce qu’il y a, et que les  » dérangeurs de Dieu  » devraient retourner dans leur boîte et privatiser leur foi. Je loue Dieu pour le travail courageux et sage d’apologistes intellectuels comme John Lennox, qui nagent à contre-courant des universitaires athées et renforcent la confiance de chacun pour proclamer la seigneurie du Christ sur la place publique.

Simplement, plaider cette cause auprès de mes amis laïques les laisse souvent froids. En soi, ce n’est pas suffisant.

Je me souviens avoir invité l’une de ces amies à une conférence universitaire que j’ai donnée sur les arguments en faveur de l’existence de Dieu. Dans la plupart des cas, je me suis montré compréhensible et impartial en démontant les objections athées courantes. Ensemble, nous avons exploré les arguments philosophiques expliquant pourquoi l’univers a besoin d’une cause première ; nous avons jugé que le synchronisme du cosmos était cohérent avec l’existence d’un Créateur sage et puissant ; et nous avons examiné les arguments historiques – en particulier la vie, la mort et la résurrection de Jésus – prouvant que « Dieu est là et ne se tait pas », comme Francis Schaeffer aimait à le dire.

Mon amie m’a poliment observé alors qu’après la conférence, je discutais avec des sceptiques en colère contre mon point de vue surnaturel, et avec des musulmans appréciant l’argument cosmologique de Kalam, mais s’interrogeant sur la nature de ce Dieu. En discutant après coup, cependant, il était évident que j’avais raté la cible. Les arguments n’avaient pas réussi à parler à la logique de son cœur. Ses désirs. Ses amours et ses haines.

Mon amie n’est venue que parce qu’elle me faisait personnellement confiance et qu’elle voyait dans notre communauté ecclésiale une qualité de grâce que l’on trouve rarement ailleurs. Elle ne se débattait pas avec des questions abstraites posées par des détracteurs comme Richard Dawkins et les pas si nouveaux athées. Elle voulait plutôt comprendre pourquoi nous donnions notre vie pour quelque chose de plus grand que l’ici et maintenant, en construisant une communauté autour du mode de vie de Jésus.

Nous l’avons intriguée, et nous avons brisé le moule. Sur la base des représentations des médias et de certaines de ses rencontres avec des apologistes fiers, prompts à répondre mais lents à écouter, elle s’attendait à ce que le christianisme soit rempli d’hypocrites bigots. La conviction religieuse semblait, au mieux, hors de propos et, au pire, dangereuse, caractérisée par les abus de l’église, la violence religieuse, les scandales financiers et le jugement de la communauté LGBT sur l’éthique sexuelle. L’apologétique dont mon amie avait besoin s’attaquerait à ces pierres d’achoppement en s’appuyant sur des vies attrayantes. Elle voulait voir l’effet de Jésus dans la vie quotidienne, au cœur de ce qui était vraiment important dans son expérience du monde : le travail, la famille, l’amitié et la gestion de la santé mentale. Quel genre d’apologétique peut faire cela dans l’Europe post-chrétienne ?

Comme le montrent d’innombrables études, telles que l’enquête sur les valeurs européennes (EVS), l’Europe continue de se séculariser. Les croyances et les pratiques chrétiennes sont en train de disparaître. Mais la plupart des citoyens ne se soucient pas de débattre de ce qui semble sans importance dans leur vie quotidienne. Dans son analyse de l’EVS, Jim Memory conclut : « L’apologétique ciblée sur l’athéisme ne touche qu’une infime partie de la population européenne. Le défi le plus important est d’atteindre le nombre considérable d’Européens non croyants qui sont indifférents au christianisme et considèrent que la religion n’a pas sa place dans la vie moderne ».

Nous avons désespérément besoin d’un agenda plus vaste pour l’apologétique.

Et si, comme l’affirme John Stackhouse, l’apologétique était « tout ce qui montre la plausibilité et la crédibilité de l’évangile ; tout ce que nous disons et faisons qui peut aider ceux qui ne sont pas (encore) chrétiens à prendre le christianisme et l’évangile plus au sérieux qu’ils ne le faisaient auparavant » ? Comment cela pourrait-il modifier notre imagination et notre façon de représenter le Christ sur la place publique ? La force de persuasion passe soudainement d’arguments abstraits à l’intégrité d’une communauté dont la vie commune encarne les revendications du royaume. Les arguments sacrés sont incarnés dans le monde profane.

Prenez l’un des premiers apologistes de l’Église, Justin Martyr. Au deuxième siècle, il a présenté de brillants arguments pour défendre les chrétiens contre les accusations selon lesquelles leur religion empoisonnait tout. Il a même fait valoir que le christianisme était moralement supérieur à ses concurrents, s’appuyant sur la philosophie pour défendre la liberté de suivre Jésus et d’attirer les gens vers lui sur le marché. Et pourtant, ses voisins avaient besoin de plus que cela pour que son apologie tienne la route.

Comme l’explique l’historien Rodney Stark, c’est le témoignage de toute une vie de martyrs chrétiens suivant la voie du sacrifice d’amour de Jésus qui a transformé l’Empire romain et fait en sorte que cette étrange foi mérite d’être crue. Face à des fléaux bien pires que la pandémie de la Covid, les chrétiens restaient dans les villes pour soigner leurs voisins ou les serrer dans leurs bras alors que la vie s’éteignait. C’est cet « argument moral » incarné qui a été le premier à christianiser l’Europe.

Dans l’épître de Julien l’Apostat aux grands prêtres païens, écrite alors qu’il était le dernier empereur païen de Rome, il se plaint de la bonté et de la charité des chrétiens qui amènent les citoyens locaux à changer de foi : « Ces Galiléens impies (les chrétiens) ne nourrissent pas seulement les leurs, mais aussi les nôtres ; en les accueillant par leur agape, ils les attirent, comme les enfants sont attirés par les gâteaux….. Tandis que les prêtres païens négligent les pauvres, les Galiléens détestés s’adonnent à des œuvres de charité, et par un étalage de fausse compassion, ils ont établi et donné effet à leurs erreurs pernicieuses. Cette pratique est courante chez eux, et elle est source de mépris pour nos dieux ».

Cette apologétique est sans doute plus importante dans l’Europe post-chrétienne du XXIe siècle qu’elle ne l’était à l’époque de Justin Martyr. À une époque séculaire, les arguments gagnants proviennent moins d’un débat robuste ou même des archives historiques, quelle que soit la qualité de notre récit. L’autorité de l’authenticité est plus puissante : des vies vécues de manière belle et convaincante parmi nos voisins, comme un témoignage de quelque chose (ou de quelqu’un) au-delà de l’ici et maintenant.

Il ne s’agit pas d’un argument intellectuel, mais d’un argument moral. La compréhension biblique de « la beauté de la sainteté (ornements sacrés) » (1 Chr. 16:29 ; 2 Chr. 20:21 ; Ps. 96:9 ; Héb. 13:18) peut nous aider : la NASB traduit le Psaume 29:2 comme un appel à « adorer l’Éternel dans la sainteté », dans des couleurs brillantes reflétant l’unité dans la diversité de l’arc-en-ciel qu’est notre créateur trinitaire. À quoi cela pourrait-il ressembler aujourd’hui, à travers nos églises envoyées ensemble comme témoins dans le monde ?

Le missiologue Michael Pucci explique que « l’Évangile n’est pas une loi ou un message désincarné que Dieu veut transmettre, mais la parole vivante, respirante, du Royaume illustrée par ses messagers ». … Notre rupture et notre transformation continue sont une partie essentielle de ce dont nous témoignons. L’authenticité de la transparence est un puissant véhicule de l’évangile. »

Dans sa lettre aux exilés dispersés, l’apôtre Pierre exhortait l’Église chrétienne en plein essor à « avoir au milieu des païens une bonne conduite, afin que , là même où ils vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes oeuvres, et glorifient Dieu au jour où il nous visitera » (1 P 2:12).

C’est dans ce contexte que s’inscrit l’autre exhortation célèbre de Pierre : « Soyez toujours prêts à répondre à quiconque vous demande la raison de l’espérance qui est en vous » (1 P 3:15). Son appel plus large était

à l’ensemble de l’Église de vivre un code de vie contre-culturel, en donnant l’exemple de la sainteté, même s’ils étaient persécutés. Pierre savait que les raisons de leur espérance prenaient tout leur sens lorsqu’elles s’incarnaient dans un caractère exemplaire animé par l’Esprit, et dans une approche de la vie et du travail axée sur le Royaume.

Nous pourrions également considérer la logique de Paul dans sa lettre aux Philippiens. Dans le premier chapitre, la bonne œuvre de Dieu en eux est en train de se manifester, portant du fruit en tant que témoignage du Christ, alors qu’ils mènent une vie irréprochable. La souffrance gracieuse de Paul sous la persécution fait progresser l’Évangile ; c’est leur plus grande source de confiance. Dans les chapitres deux à quatre, Paul plaide auprès de l’ekklesia – c’est-à-dire l’église, en tant qu’appelés représentant le Christ en leur temps et lieu spécifiques – pour qu’elle se détourne de l’idolâtrie du pouvoir, du succès et de la cupidité, et qu’elle adopte au contraire l’exigence d’humilité, d’intégrité et de simplicité de Jésus.

Quelle différence cela ferait-il si, aujourd’hui, nous devions non seulement « porter la parole de vie », mais aussi « briller comme des flambeaux » (Phil. 2:15-16) ? Si nous contrôlions notre corps et nos désirs sexuels, en canalisant notre énergie vers les œuvres de justice (3:1-7) ? Si nous résolvions les disputes entre nous, si nous étions libres de toute anxiété, si nous avions toujours à l’esprit la paix de Dieu, si nous pratiquions la simplicité matérielle et l’honnêteté financière, et si nous faisions preuve de contentement en toutes circonstances (3:17-21 ; 4:1-13) ?

Pierre et Paul avancent tous deux un argument ecclésial en faveur de l’existence de Dieu. L’Église rend crédible à chaque citoyen, passé et présent, que Dieu existe, et qu’il récompense ceux qui le cherchent sincèrement (Héb. 11:6).

La façon dont nous nous aimons les uns les autres, et débordons d’amour pour la vie du monde, fait connaître notre créateur commun. Lorsque nous pratiquons l’humilité, l’intégrité et la simplicité, les individus – quels que soient leur intellect et leur capacité à élaborer une argumentation – se fondent en un corps qui ressemble à Jésus. Nous devenons une église vraiment bonne aux yeux d’un monde qui nous regarde.  Et, au fil du temps, la beauté séduisante de la sainteté, qui se voit le mieux lorsque nous souffrons pour avoir fait le bien, sera évidente. L’Évangile n’est pas rendu plus plausible uniquement par de meilleurs arguments, mais par des vies qui lui permettent de prendre forme.

À quoi pourrait donc ressembler cette apologétique ecclésiale pour nous, en tant qu' »appelés » représentant le Christ en notre temps et en notre lieu spécifiques ? J’aspire à voir un mouvement de disciples, une communauté de « sages artisans de paix » (Mt 5:9), capables de comprendre l’époque dans laquelle nous vivons et de savoir ce qu’il faut faire pour vaincre le mal par le bien. Lorsque nous nous réunissons, nous sommes formés pour devenir des personnes qui recherchent le shalom des lieux dans lesquels nous sommes dispersés tout au long de la semaine. Nous sommes une bonne église chargée de porter la présence de Dieu dans des contextes culturels divers, en faisant une différence dans tout ce que nous faisons, où que nous soyons, qui que nous soyons.

Ces disciples de toute une vie auraient appris à suivre le chemin de Jésus dans leur situation et leur moment particuliers, en étant habilités à écouter, imaginer, créer et communiquer. Il peut s’agir d’une comptable senior qui s’humilie pour écouter vraiment ses collègues de travail, comprendre pourquoi ils sont mis à mal par la direction, et porter chaque jour leurs besoins au Père dans la prière. Cela peut ressembler à un hooligan du football, aux tendances fascistes et aux antécédents de violence, qui est radicalement sauvé pour imaginer que ses ennemis dans un club rival deviennent des amis et fassent partie de la même maison communautaire.Il peut s’agir d’une jeune maman dans un groupe de responsabilité très soudé où elle pratique l’examen et la confession ouverte pour tenir des comptes succincts avec Dieu, ce qui l’aide à gérer sa colère sous-jacente ; ce n’est qu’à ce moment-là qu’elle a ce qu’il faut pour créer un espace courageux qui apaise les tensions entre les parents qui dirigent le groupe de jeu des tout-petits.  Et cela peut ressembler à un retraité formé à communiquer à tous les habitants de sa rue pourquoi Jésus est une bonne nouvelle, alors qu’il suit les traces de l’église lors de pandémies passées : son amour évident pour chaque personne et les soins pratiques qu’il prodigue sur la base du prénom lui donnent le droit de parler de paix sur leur anxiété.

C’est la beauté de la sainteté. C’est une bonne église remplie de l’Esprit, qui rend plausible et crédible le règne de Dieu par de bonnes vies qui attisent la curiosité du plus ardent sceptique. Bien sûr, ce témoignage apostolique fonctionne en tandem avec le génie des apologistes philosophiques qui répondent aux questions difficiles et s’opposent à la marée des sécularistes européens qui s’éloignent de plus en plus de la foi chrétienne. Néanmoins, chaque chose en son temps, car « si nous ne nous contentons pas de répondre aux questions que personne ne pose… la tâche apologétique la plus urgente de l’Eglise aujourd’hui est de vivre dans le monde de telle manière que le monde soit poussé à nous interroger sur l’espérance que nous avons ».

Dans mon expérience, j’ai vu que le christianisme ne peut pas se prouver ou se légitimer en dehors de notre vie en Christ. Puissions-nous donc participer à l’œuvre du Seigneur qui consiste à rendre son Église toujours plus glorieuse, sans tache ni ride ni défaut, mais sainte et irrépréhensible (Eph. 5:27-28). Puissions-nous être à nouveau « bons » aux yeux d’un monde qui nous regarde, « brillants comme un phare sur une colline ». Que notre apologétique essentielle soit une apologétique ecclésiale.

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Comprendre et discipuler les jeunes https://www.lausanneeurope.org/fr/understanding-and-discipling-youth/ https://www.lausanneeurope.org/fr/understanding-and-discipling-youth/#respond Wed, 28 Apr 2021 20:51:39 +0000 https://www.lausanneeurope.org/understanding-and-discipling-youth/ Photo par Eliott Reyna sur Unsplash Je suis très reconnaissant que, dès mon plus jeune âge, mes parents m'aient initié à la Bible et m'aient emmené dans des camps d'enfants, des conférences et des groupes de jeunes. J'ai rencontré des gens merveilleux qui aimaient les enfants et les adolescents, et qui se souciaient de moi et s'investissaient pour moi. J'ai ...

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Photo par Eliott Reyna sur Unsplash
Je suis très reconnaissant que, dès mon plus jeune âge, mes parents m'aient initié à la Bible et m'aient emmené dans des camps d'enfants, des conférences et des groupes de jeunes. J'ai rencontré des gens merveilleux qui aimaient les enfants et les adolescents, et qui se souciaient de moi et s'investissaient pour moi. J'ai expérimenté ce que c'est que de dépendre de Dieu pour un miracle et j'ai vu Dieu agir de manière unique et puissante. J'ai aimé la profondeur des Écritures. Même pendant certaines périodes désertiques de ma jeunesse, ma foi n'a jamais été ébranlée. Elle était parfois sous la surface, oui, mais jamais ébranlée.

Pourquoi avons-nous besoin que toutes les générations apprennent comment les jeunes pensent et comment se connecter avec eux ? Nous avons besoin d'un plus grand groupe de personnes pour former les jeunes. Comme le dit le proverbe africain : "Il faut un village entier pour élever un enfant". Une communauté entière de personnes doit intervenir auprès des enfants pour qu'ils puissent vivre et grandir dans un environnement sûr et sain.

Il en va de même pour l'éducation des enfants et des jeunes afin qu'ils deviennent des disciples de Jésus. Nous ne pouvons pas laisser cette tâche uniquement aux parents ou à l'animateur de jeunesse. Nous avons besoin de l'aide de tous et de chacun.

Avec cet article, je veux donner une voix à la jeune génération et lancer un appel à tous les chrétiens engagés ! C'est urgent, et on a besoin de vous !

Lorsque nous nous plongeons dans les résultats de l'étude mondiale sur la culture des jeunes que nous avons entreprise à Onehope en 2019 et 2020, il est clair que nous avons affaire à un groupe de personnes ouvertes d'esprit mais confuses, que l'on peut trouver dans leurs écoles avec leurs camarades, mais qui passent aussi de nombreuses heures par jour sur leurs téléphones. Nous avons découvert leurs luttes, leurs croyances, leurs relations, leurs liens et qui et quoi les influencent. Nous avons appris qu'ils aspiraient à des relations et des expériences authentiques. Et nous avons constaté une différence significative et positive chez ceux qui se sont identifiés comme des "chrétiens engagés", des disciples.

Il est de la plus haute importance que nous étudiions la culture des jeunes. Je ne cesse de penser à ce passage de la lettre de Paul aux Corinthiens où il dit qu'il est devenu Juif pour les Juifs, et Grec pour les Grecs, et tout cela à cause de l'Évangile, afin de pouvoir participer à ses bienfaits. Donc, si vous voulez atteindre les jeunes, vous devez les étudier afin de trouver des moyens de vous connecter. Tout cela au nom de l'Évangile : faire des disciples !

Chaque nouvelle génération est unique à sa manière, et la recherche peut nous aider à comprendre comment le monde apparaît à travers des yeux différents. La génération actuelle d'adolescents et de jeunes adultes est parfois appelée "génération Z".
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En Europe occidentale, on compte plus de 6,6 millions d'adolescents de la génération Z âgés de 13 à 19 ans, soit environ 8 % de la population de ces pays.

Ces données font partie d'une étude mondiale plus vaste qui a interrogé des adolescents dans 20 pays. Nous pensons que cette étude est la plus complète de son genre pour ce qui est d'examiner en profondeur la foi de cette génération. Les milliers de points de données que nous avons collectés permettent de dresser un tableau de cette génération mondiale, y compris les valeurs qu'elle partage, les luttes auxquelles elle est confrontée et ce vers quoi les adolescents se tournent lorsqu'ils cherchent des réponses et de l'espoir. En Europe occidentale, nous avons interrogé 800 jeunes au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.

1. ATTITUDES ET COMPORTEMENTS RELIGIEUX

En Europe occidentale, 29 % des adolescents interrogés se disent "chrétiens". Mais est-ce en raison de l'éducation culturelle, des habitudes et des histoires de leurs familles, ou ont-ils fait eux-mêmes le choix de suivre Jésus ? En Roumanie, 79 % se considèrent comme "chrétiens", mais est-ce parce que leur famille fait partie, par tradition, d'une église orthodoxe ? Les non-Européens ont tendance à penser que l'Europe a un pourcentage élevé de chrétiens. Mais nous pouvons voir ici qu'un pourcentage élevé ne signifie pas nécessairement qu'il s'agit de chrétiens engagés.

Quelle est donc la différence entre les groupes dans leur façon de penser et leur comportement ? Cette étude montre une énorme différence dans la façon de penser et le comportement de la génération Z lorsqu'ils se considèrent comme des chrétiens engagés.

Dire que l'on est chrétien et être sérieux dans la pratique de sa foi peuvent être deux choses différentes. Nous avons examiné les croyances fondamentales et les disciplines spirituelles clés qui révèlent qu'un adolescent est un chrétien engagé.

Un jeune chrétien sur quatre a déclaré que le ministère des enfants était important (pour lui/elle), mais la moitié d'entre eux ont déclaré ne pas y participer réellement.
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En Europe occidentale, sur 29% de ceux qui s'identifient comme chrétiens, seuls 3% affichent les croyances et les comportements qui indiquent qu'ils sont engagés dans leur foi. Voir l'infographie "6 traits d'un chrétien engagé". Seuls 38 % des adolescents qui s'identifient comme chrétiens croient que la Bible est la parole de Dieu. 55% n'ont jamais lu la Bible par eux-mêmes et 54% des adolescents chrétiens croient que toutes les religions enseignent des vérités également valables. En Roumanie, seuls 3% sont des chrétiens convaincus.

Conclusions du rapport complet
Les jeunes d'aujourd'hui ne sont pas hostiles au christianisme ; ils ne réfléchissent simplement pas aux questions de la foi. En fait, les adolescents non chrétiens ont une perception positive des chrétiens qu'ils connaissent, ce qui nous laisse une porte ouverte pour partager avec eux. Comment pouvons-nous entamer des conversations avec cette génération non religieuse afin de l'éveiller aux choses spirituelles qui lui échappent ?

Discipulons les adolescents à grandir et à lire
Nos recherches ont révélé qu'il y a très peu de chrétiens engagés aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Comment pouvons-nous aider les adolescents à mûrir dans leurs croyances et leurs disciplines spirituelles afin d'expérimenter la transformation de vie que l'Évangile leur réserve ?

Les adolescents ont besoin de la vérité de la Parole de Dieu dans leur vie, mais plus de la moitié des adolescents chrétiens disent ne jamais lire la Bible. Comment pouvons-nous aider cette nouvelle génération à découvrir la vérité vivifiante que la Parole de Dieu a pour elle et à développer une soif d'Écritures dans leur vie ?

Renforçons l'église et le ministère de la jeunesse
Les adolescents d'Europe ont une perception positive des chrétiens dans leur vie. Même si la grande majorité d'entre eux ne vont jamais à l'église, la plupart disent qu'ils envisageraient d'y aller s'ils y étaient invités. Il ne faut donc pas hésiter à leur proposer !

De nombreux adolescents chrétiens déclarent qu'ils n'ont pas participé à un ministère pour enfants et que leur église actuelle n'a pas de pasteur pour les jeunes. Pourtant, les données ont révélé que 11 ans est l'âge charnière de l'engagement pour la plupart des adolescents chrétiens. Comment pouvons-nous nous assurer que cette génération est bien prise en charge spirituellement dans nos églises afin que leur foi devienne forte et mûre ?

2. EXPERIENCES ET DIFFICULTÉS PERSONNELLES

Ce que nous apprend le rapport complet, c'est que les luttes que les adolescents rapportent devraient nous préoccuper profondément. La situation de chaque jeune est différente, et il n'y a pas de réponse unique aux défis auxquels ils sont confrontés. Mais il est essentiel que nous soyons conscients de la nature et de la gravité des réalités que les adolescents disent vivre.
Cette génération est aux prises avec sa santé mentale
Un grand nombre d'adolescents font état de solitude, d'anxiété élevée ou de dépression, notamment au Royaume-Uni, qui se classe parmi les pays les plus touchés par ces problèmes au niveau mondial. Comment pouvons-nous être aux côtés des jeunes et les encourager au milieu des défis qu'ils rencontrent ? 29% des adolescents en Europe ont été tentés par des pensées suicidaires et 4% ont fait une tentative de suicide à un moment donné". Comment pouvons-nous aider les jeunes à voir la lumière et à embrasser l'espoir de l'Évangile pour leur vie ?

Les chrétiens engagés luttent moins
C'est une bonne nouvelle que les adolescents qui prennent leur foi au sérieux connaissent également moins de difficultés. Comment pouvons-nous aider les adolescents à s'engager dans les croyances fondamentales du christianisme ainsi que dans les disciplines spirituelles de la prière et de l'étude des Écritures qui semblent faire une si grande différence dans leur vie ?

Les filles ont besoin d'un soutien supplémentaire
Les filles se débattent plus que les garçons avec leur santé mentale et nous ne pouvons l'ignorer. Réfléchissez aux difficultés particulières auxquelles les filles peuvent être confrontées et à la manière dont nous pouvons donner à des femmes de foi mûres les moyens de former cette nouvelle génération.
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La pornographie se cache à la vue de tous
Il s'agit d'un problème important pour les adolescents d'aujourd'hui en Europe et dans le monde. Ni l'âge ni la foi ne protègent un adolescent des sentiments et des pulsions sexuelles. Et ces pulsions peuvent être si facilement satisfaites grâce à l'accès facile qu'offre Internet. Comment pouvons-nous aborder le problème omniprésent de l'utilisation de la pornographie qui a pris au piège cette nouvelle génération ? 

3. LA CONNECTIVITÉ NUMÉRIQUE ET SON IMPACT

La connexion constante aux plateformes numériques fait partie de la vie des jeunes d'aujourd'hui. Comment pouvons-nous les engager efficacement avec le message de l'Évangile qu'ils ont besoin d'entendre ? Voici quelques idées à considérer :
Les adolescents se connectent numériquement
Ils passent une grande partie de leur temps en ligne à bavarder et à discuter. Comment pouvons-nous leur donner les moyens d'avoir des conversations significatives et stimulantes avec leurs amis ? En outre, comment pouvons-nous, en tant qu'église, nous engager dans des conversations significatives et stimulantes avec les adolescents sur ces plateformes de chat ?

Les vidéos sont très populaires
Les vidéos font partie de la vie quotidienne de tous les adolescents - 97 % d'entre eux disent qu'ils regardent du contenu vidéo tous les jours - et elles peuvent être un moyen puissant d'atteindre les jeunes. Les adolescents reviennent constamment sur des plateformes comme YouTube et Netflix. Comment pouvons-nous utiliser ce média attrayant pour amener les jeunes au Christ ?

Les réseaux sociaux suscitent des réactions mitigées
Les adolescents consultent leur flux de médias sociaux tous les jours, mais la plupart ne passent pas beaucoup de temps sur ces plateformes. Les adolescents sont également divisés sur la question de savoir si les réseaux sociaux les aident ou leur nuisent, les filles étant plus affectées que les garçons. Réfléchissez au contenu que vous leur proposez et à la manière dont vous pouvez les aider à gérer leur relation complexe avec leurs appareils numériques.
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De l'autre côté de l'écran, les adolescents peuvent souffrir profondément
Si nous ne pouvons pas affirmer que la technologie est à l'origine de ces problèmes, il est clair que ceux qui passent beaucoup de temps en ligne peuvent être confrontés à de graves problèmes de santé mentale. Comment pouvons-nous être aux côtés des jeunes et les encourager à adopter une attitude saine au milieu des circonstances auxquelles ils sont confrontés ?

4. IDENTITÉ DE GENRE ET RELATIONS

Les opinions d'une personne ne restent pas éternellement les mêmes, mais pour l'instant, nous avons une bonne idée de ce que pensent les adolescents sur les sujets importants que sont l'identité sexuelle, la sexualité et le mariage. En outre, nous savons vers qui ils se tournent pour obtenir des orientations et des conseils sur ces questions.
En Europe occidentale, cette génération est divisée sur sa vision de l'identité sexuelle
Environ la moitié des adolescents d'aujourd'hui pensent que le genre est déterminé par le sexe à la naissance, tandis que l'autre moitié affirme que le genre est quelque chose que l'on peut déterminer soi-même en fonction de ses sentiments personnels ou de ses désirs sexuels. Comment pouvons-nous engager les adolescents dans une conversation holistique sur ce sujet et sur les implications de ces choix de vie importants ?

L'attirance pour le même sexe est une question importante pour cette génération
Les adolescents d'Europe occidentale sont parmi les plus susceptibles d'éprouver ces sentiments. En outre, les adolescents qui en font l'expérience peuvent également être confrontés à une confusion d'identité sexuelle, à une forte anxiété ou à la solitude. Comment pouvons-nous créer des espaces sûrs pour que les adolescents puissent partager ce qu'ils vivent et rencontrer ce que la Bible a à dire sur ce domaine complexe et à multiples facettes de leur vie ?

La conversation sur le genre et la sexualité est déroutante
Elles sont beaucoup plus susceptibles que les garçons de faire état d'une attirance pour le même sexe et ont également une vision plus souple du genre et du mariage. Comment pouvons-nous apporter intentionnellement aux filles un soutien sain qui les aide à réfléchir plus profondément à ce que Dieu a à dire sur ces sujets ?
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Les filles ont des points de vue et des expériences différents de ceux des garçons
Elles sont beaucoup plus susceptibles que les garçons de faire état d'une attirance pour le même sexe et ont également une vision plus souple du genre et du mariage. Comment pouvons-nous apporter intentionnellement aux filles un soutien sain qui les aide à réfléchir plus profondément à ce que Dieu a à dire sur ces sujets ?
Les adolescents ont leur propre point de vue sur le mariage
Les adolescents d'Europe occidentale disent fermement non au mariage en tant qu'union exclusive entre un homme et une femme, et les adolescents des Pays-Bas en particulier ne sont pas certains que le mariage doive être un engagement à vie. Comment pouvons-nous aider les adolescents à comprendre le plan de Dieu pour le mariage et les avantages de l'engagement en matière d'alliance ?

Les chrétiens ont besoin d'être formés dans le domaine de la sexualité
En Europe de l'Est, les croyances et les comportements des adolescents et des jeunes chrétiens ne sont pas très différents de ceux des non-chrétiens en ce qui concerne les relations sexuelles avant le mariage. Comment pouvons-nous guider les jeunes vers un style de vie plus biblique qui valorise et gère le don de la sexualité ?
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5. INFLUENCES ET VOIX DE RÉFÉRENCES

Alors que la génération d'aujourd'hui navigue dans les questions complexes et déroutantes de la vie et se tourne vers l'avenir, les voix qu'elle écoute sont essentielles. Les sources auxquelles les adolescents font confiance et vers lesquelles ils se tournent donnent un aperçu de ce qu'ils vont croire. Et ce que vous croyez a de profondes implications sur la façon dont vous allez vous comporter.
Les parents ont un rôle important à jouer !
Il est encourageant de constater que les adolescents et les jeunes font état d'une expérience familiale positive et que les parents sont les premiers à qui ils s'adressent pour certaines des questions les plus importantes de la vie. Mais lorsque l'environnement familial n'est pas positif, les adolescents s'adressent plutôt à leurs camarades ou vont sur Internet pour trouver des conseils. Comment pouvons-nous aider les parents à prendre conscience de l'influence qu'ils exercent et renforcer les familles pour qu'elles fassent de cette génération des disciples au sein du foyer ?

L'Écriture et les enseignements de l'Église ne sont pas une influence primordiale
Même pour la plupart des adolescents et des jeunes chrétiens, la Parole de Dieu n'est pas le premier endroit où ils vont chercher conseil. Comment pouvons-nous créer des espaces sûrs pour qu'ils puissent se pencher sur les questions difficiles de la vie et considérer la Bible comme un guide fiable ?

Les jeunes veulent s'engager dans la foi à la fois avec leur tête et leur cœur
Cette génération a besoin de raisons logiques pour changer d'avis sur les croyances religieuses, mais elle est également avide d'expériences personnelles authentiques de la foi. Comment pouvons-nous créer des opportunités pour leur permettre de vivre des expériences personnelles de foi, en particulier dans les espaces numériques où les adolescents passent tant de temps ?

Les rapports de The Global, Eurasia and Western & Eastern Europe sont disponibles et à télécharger gratuitement sur notre site web.
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L’héritage de John Stott et le Mouvement de Lausanne https://www.lausanneeurope.org/fr/the-legacy-of-john-stott-through-the-lausanne-movement/ https://www.lausanneeurope.org/fr/the-legacy-of-john-stott-through-the-lausanne-movement/#respond Thu, 15 Apr 2021 09:45:33 +0000 https://www.lausanneeurope.org/?p=6780 John Stott fut un colosse. Comme l’a dit Jim Packer en apprenant la nouvelle de sa mort en 2011 : « Il n’avait pas son pareil, et nous ne devons pas lui chercher un successeur. » Au fil des décennies, l’histoire ne manquera pas de révéler l’étendue de son influence sur la pensée théologique, sur la prédication, sur les tensions entre l’Évangile et la culture, sur le développement d’une pensée chrétienne, sur l’engagement évangélique en faveur de la justice sociale et, surtout, sur l’évangélisation du monde.

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Republié avec la permission du Mouvement de Lausanne, voir l’article original ici.
Photo du Mouvement de Lausanne

Note de l’éditeur : Il y a cent ans, à Londres, naissait John Stott. En l’honneur du centenaire de sa naissance, cet article cherche à donner un aperçu de l’impact mondial de son ministère, notamment par le biais du Mouvement de Lausanne qu’il a cofondé.

John Stott fut un colosse. Comme l’a dit Jim Packer en apprenant la nouvelle de sa mort en 2011 : « Il n’avait pas son pareil, et nous ne devons pas lui chercher un successeur. » Au fil des décennies, l’histoire ne manquera pas de révéler l’étendue de son influence sur la pensée théologique, sur la prédication, sur les tensions entre l’Évangile et la culture, sur le développement d’une pensée chrétienne, sur l’engagement évangélique en faveur de la justice sociale et, surtout, sur l’évangélisation du monde.

C’est le partenariat unique entre Billy Graham et John Stott qui a donné naissance au Mouvement de Lausanne, un mouvement engagé en faveur de « l’Évangile dans sa totalité au monde entier » (élargi plus tard pour inclure à la fois « le monde géographique et le monde des idées »).[1]

Plusieurs thèses de doctorat ont déjà été consacrées à la vie et au ministère de John Stott, et d’autres suivront. Ses réseaux étaient immenses. La façon dont il mettait les gens en contact, et les synergies qui en résultaient, méritent une nouvelle recherche approfondie. Ses voyages dans le monde entier ont commencé par des invitations à diriger des missions dans les universités sur un continent après l’autre, et les étudiants allaient rester toujours au centre de son ministère.

Toute sa vie, John Stott a été engagé dans l’Église anglicane. En 1961, avec beaucoup de prescience, il a fondé l’Evangelical Fellowship in the Anglican Communion (EFAC – communion évangélique dans la communion anglicane), pour servir de « foyer » au clergé évangélique. Il disait que les deux priorités de son ministère étaient les étudiants et les pasteurs, et cela s’est clairement vérifié. Il ne faisait jamais de voyage international sans un élément de pastorale auprès des étudiants, et chaque fois qu’il le pouvait il participait à l’Assemblée mondiale de l’IFES [la Communauté internationale des Groupes bibliques universitaires]. Son ministère, dont les trois volets (aujourd’hui regroupés sous le nom de Langham Partnership) avaient pour but de renforcer l’Église dans le Sud, a fourni des livres aux pasteurs et aux étudiants des centres de formation biblique, créé des bourses pour aider certains des penseurs les plus talentueux à obtenir un doctorat et leur assurer une formation à la prédication.

La relation de John Stott avec le Mouvement de Lausanne, particulièrement dans la période 1974-1996, pourrait être décrite comme réciproque, voire symbiotique. Son ministère aux multiples facettes correspondait aux aspirations multiples du Mouvement de Lausanne, qu’il avait largement contribué à façonner. Les canaux et les réseaux du Mouvement de Lausanne allaient devenir un moyen majeur par lequel son influence marquera l’Église au niveau mondial.

1974 : Un Congrès et une Déclaration
L’amitié personnelle entretenue avec Billy Graham depuis leur mission commune à l’université de Cambridge en 1955, a conduit John à participer aux premières étapes de la planification du Congrès international sur l’évangélisation mondiale de 1974, qui s’est tenu à Lausanne, en Suisse, et dont le Mouvement allait prendre le nom. Cette amitié liait deux génies spirituels ; d’elle, comme nous le voyons, allaient découler beaucoup de choses.

John Stott était alors déjà considéré comme un leader et une figure de proue, grâce à sa participation aux événements du Conseil œcuménique des Églises et au Congrès sur l’évangélisation mondiale qui s’est tenu en 1966 à Berlin, en Allemagne. Dans les années 1970 eurent lieu sept ou huit autres conférences internationales. Mais c’est au Mouvement de Lausanne qu’à partir de 1974 il a accordé la majeure partie de son temps.

La réputation de John Stott pour la clarté de sa pensée théologique, l’étendue de la sympathie que lui témoignait la communauté évangélique et la bienveillance qui caractérisait ses relations avec les personnes de confessions différentes firent de lui un choix évident pour diriger le processus d’élaboration de la Déclaration de Lausanne.

Pendant les décennies qui ont suivi le congrès de Lausanne de 1974, des centaines d’initiatives de collaboration ont adopté à leur base La Déclaration de Lausanne, reflet des voix de ce congrès. Cette déclaration s’est imposée comme l’un des documents les plus importants de l’histoire moderne de l’Église. La justice sociale, trop longtemps considérée comme une préoccupation des seuls adeptes d’un « évangile social », était désormais déclarée comme une responsabilité biblique de tous les chrétiens évangéliques. Ce congrès s’est révélé être un moment décisif pour l’Église.

Conscient de l’impact potentiel de la Déclaration de Lausanne, John Stott a travaillé sur une présentation commentée de la Déclaration,The Lausanne Covenant: An Exposition and Commentary, publiée en 1975. Il avait intuitivement compris qu’il serait indispensable que cette Déclaration soit lue et étudiée par beaucoup, individuellement ou en groupe. Sa préface, rédigée en toute modestie, ne rend pas compte de l’intense pression résultant de nuits de travail pour faire en sorte que tous les commentaires reçus des participants soient dûment pris en compte. Les traduire dans les délais fut une opération titanesque, mais vitale, pour que les voix de toutes les branches de l’Église évangélique soient entendues. L’intitulé d’origine, Lausanne Covenant (qui dans le monde francophone allait devenir la Déclaration de Lausanne), veut dire littéralement l’Alliance de Lausanne. Il s’agissait en effet d’une alliance avec Dieu lui-même, et d’une alliance entre tous ceux qui l’adopteraient.

Formation d’un mouvement à partir d’un congrès
Après le congrès de 1974, un comité a été mis en place pour construire sur ce qui avait été réalisé. En janvier 1975, ce groupe s’est réuni à Mexico sous la présidence de l’évêque Jack Dain. Un nombre important de participants était favorable à ce que Billy Graham devienne président du nouveau Comité de Lausanne pour l’évangélisation mondiale, comme on l’appelait alors. John Stott a plaidé fermement contre cette proposition, ou alors qu’il y ait plusieurs co-présidents.

Billy Graham avait déjà exprimé sa préférence pour que le Mouvement se donne un objet plus court que l’on pourrait appeler l’évangélisation par la proclamation. Si cet avis avait été suivi, le Mouvement n’aurait reflété ni le mandat scripturaire de l’Église – être sel et lumière – ni ses racines dans le congrès de 1974. Fort de leur 20 ans d’amitié, John Stott, tout en détestant la discorde, a ressenti le besoin de prendre position. Jack Dain était de son avis, tandis que d’autres étaient d’accord avec Billy Graham, en raison de sa stature mondiale. Certains n’ont vraiment pas compris la préoccupation de John Stott, et l’ont perçue comme une lutte de pouvoir. Ces rencontres, bien que pénibles, furent déterminantes.[2] L’amitié entre les deux grands hommes dura toute leur vie.

En juillet 1989, John Stott a dirigé l’équipe de rédaction du Manifeste de Manille, lors du deuxième congrès du Mouvement de Lausanne (à Manille, aux Philippines), qui, en 21 affirmations, s’est appuyé sur la Déclaration de Lausanne et l’a développée. Ce congrès a eu lieu un mois après ce que le gouvernement chinois a appelé « l’incident de Tiananmen » et trois mois seulement avant le démantèlement du mur de Berlin. Il a attiré 3 000 participants de 170 pays, notamment d’Europe de l’Est et de l’Union soviétique, mais malheureusement aucun de Chine.

La « conscience sociale égarée » de l’Église

En 1982, le livre profondément novateur de John Stott intitulé Issues Facing Christians Today [Enjeux actuels pour les chrétiens] a été publié pour coïncider avec l’inauguration du London Institute for Contemporary Christianity [Institut londonien pour le christianisme contemporain]. Couvrant des sujets tels que la problématique du nucléaire, le pluralisme, les droits de l’homme, l’industrialisation et la sexualité, il est devenu un manuel pour les pasteurs et les membres d’Église qui se posent des questions. C’était, disait-il, sa « contribution au processus de rattrapage », pour une Église qui « se remettait de sa conscience sociale temporairement égarée ».

L’onde de La Déclaration de Lausanne continuait à se propager, réveillant une conscience sociale qui était restée dormante dans de nombreux milieux pendant peut-être deux générations. Le Seigneur Jésus avait donné aux apôtres le mandat d’enseigner aux nouveaux disciples « tout ce qu’il leur avait commandé ». Cela n’avait manifestement pas été fait. Par la grâce de Dieu, John Stott et le Mouvement de Lausanne allaient devenir un moyen de rétablir des aspects importants du devoir chrétien.

En toile de fond de sa préparation du livre Issues facing Christians today, John a continué à faire des consultations de Lausanne une priorité, et en a souvent assuré la présidence. Il a rédigé les documents de toutes les consultations jusqu’à Lausanne II et les a publiés en 1996 sous le titre Making Christ Known: Historic Mission Documents from the Lausanne Movement 1974-1989 [Faire connaître Christ : Documents missionnaires historiques du Mouvement de Lausanne – 1974-1989]. Comme le montrent clairement les contributeurs, le Mouvement de Lausanne avait la réputation (renforcée sans doute par la présence de John lui-même) d’attirer les meilleurs penseurs évangéliques du monde. Certains articles ont suscité un intérêt considérable.

En 2006, Doug Birdsall, alors président exécutif du Mouvement de Lausanne, a invité John Stott à accepter le titre de président d’honneur à vie, ce qu’il a fait, avec un certain plaisir. Un trait constant chez lui a toujours été de n’accepter un titre honorifique que s’il pouvait maintenir un lien vivant avec l’institution qui le décernait. Il a suivi la nouvelle de la planification du troisième congrès du Mouvement de Lausanne avec un intérêt plein de curiosité et de prière. Lindsay Brown, qui avait été nommé directeur international du Mouvement de Lausanne en 2007, et Chris Wright, qui avait succédé à John en tant que président du groupe de travail Théologie, étaient tous deux de vieux amis.

Peu avant son 87e anniversaire, il a fait le bilan de ses années au sein du Mouvement de Lausanne et il s’est réjoui de ce que le congrès Cape Town 2010 allait apporter à ce mouvement. Lors d’une conversation avec l’auteur de cet article, il a déclaré avoir espéré que le rapport Willowbank de 1978 sur Évangile et culture recevrait plus d’attention qu’il n’en avait reçu jusque-là. À ceux qui me lisent maintenant, je ne peux que vivement le recommander pour ses principes durables.

John Stott était convaincu que, tant que le Mouvement de Lausanne serait caractérisé par « l’esprit de Lausanne » (un esprit d’humilité, d’amitié, de prière, d’étude, de partenariat et d’espérance), il occuperait une position stratégique : le Christ a fait des dons à son Église pour qu’elle les partage et le Mouvement de Lausanne a fourni la table autour de laquelle ces dons ont pu être partagés. La véritable humilité sera toujours nécessaire.

Priez avec nous
Notre Père, nous te remercions pour la vie de John Stott, pour le riche héritage spirituel que tu lui as permis de laisser, et pour tout ce que nous pouvons apprendre de son exemple. Aide-nous à être de bons gardiens de cet héritage dans notre génération. Nous te le demandons pour la gloire du Christ. Amen.


[1] Lindsay Brown dans son discours de clôture de Cape Town 2010
[2] Pour un compte-rendu complet de la réunion de Mexico, voir Timothy Dudley-Smith John Stott : A Global Ministry (Nottingham: IVP, 2001) 220-224 – disponible en anglais seulement.

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Implantation d’Églises en Europe: Perspectives d’un Pasteur Africain en Roumanie https://www.lausanneeurope.org/fr/church-planting-in-europe-perspectives-of-an-african-pastor-in-romania/ https://www.lausanneeurope.org/fr/church-planting-in-europe-perspectives-of-an-african-pastor-in-romania/#respond Mon, 29 Mar 2021 14:44:50 +0000 https://www.lausanneeurope.org/church-planting-in-europe-perspectives-of-an-african-pastor-in-romania/ L'implantation d'églises est un commandement du Seigneur Jésus-Christ lui-même, le Maître et fondateur de l'Eglise qui a dit : "Je bâtirai mon Église, et les portes du séjour des morts ne la vaincront pas" (Matthieu 16:18). Il s'agit de la meilleure stratégie pour rapprocher l'évangile des gens et de l'accomplissement de la composante "allez" de la Grande Commission (Matthieu 28:18).

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Introduction :
L’implantation d’églises est un commandement du Seigneur Jésus-Christ lui-même, le Maître et fondateur de l’Eglise qui a dit : « Je bâtirai mon Église, et les portes du séjour des morts ne la vaincront pas » (Matthieu 16:18). Il s’agit de la meilleure stratégie pour rapprocher l’évangile des gens et de l’accomplissement de la composante « allez » de la Grande Commission (Matthieu 28:18).

Mon témoignage et mon appel au ministère :
Alors que j’étais étudiant en Roumanie, j’ai été emprisonné avec sept autres étudiants du Sud-Soudan. Cela a été un tournant dans ma vie et mon appel au ministère. Pour faire court, un jour, l’ambassade du Soudan à Bucarest a invité tous les étudiants soudanais à « une réunion à l’ambassade ». Huit d’entre nous étaient des chrétiens du Sud-Soudan qui luttaient contre le gouvernement soudanais pour devenir un État indépendant. Lors de cette réunion, le consul nous a dit qu’il avait décidé de nous renvoyer au Soudan, une décision que nous avons rejetée. Cela a entraîné une dispute et une bagarre entre nous et les étudiants musulmans. L’ambassade a alors appelé la police, a déformé l’histoire contre nous, et les huit d’entre nous ont été arrêtés et mis en prison. Nous sommes restés en prison pendant un an et demi.

Pendant que nous étions en prison, le Révérend Chris Newland, un prêtre anglican, qui, en plus de subvenir à nos besoins physiques, s’est impliqué dans le suivi de notre dossier auprès du gouvernement roumain et a plaidé pour notre libération. Heureusement, le président de la Roumanie et son gouvernement nous ont accordé leur protection et ont refusé de nous remettre aux autorités soudanaises. De retour au Soudan, nous avons été condamnés à mort par défaut. 

C’est lorsque j’étais en prison que j’ai passé plus de temps à lire la Bible et j’ai donné ma vie au Christ dans ma cellule de prison. Une nuit, j’ai entendu trois fois la voix de Dieu qui disait « tu es mon serviteur, je t’ai appelé ». J’ai dit à Dieu « Si je suis ton serviteur, libère-nous de cette prison et je te servirai. Que ta volonté soit faite dans ma vie ». Peu de temps après, en 1994, nous avons été libérés de la prison. À ce moment-là, j’ai quitté l’économie pour me lancer dans la théologie.

Confirmation de l’appel de Dieu :
À notre sortie de prison, le gouvernement roumain nous a accordé des bourses d’études et j’ai choisi d’étudier la théologie. En 1995, j’ai rejoint le Séminaire baptiste de Bucarest où j’ai obtenu mon diplôme en 1999. Ma femme et moi nous sommes mariés en 2000 et j’ai ensuite été envoyé comme pasteur d’une église dans la ville de Medias où nous avons exercé un ministère fructueux pendant dix-sept mois. Après cela, le Seigneur m’a dit de retourner à Bucarest pour implanter une Église internationale et multiculturelle. Cette décision n’a pas été facile à comprendre, surtout pour ma femme, mais par la prière et la soumission au Seigneur, nous sommes retournés à Bucarest en 2001.

Implantation d’églises et ministère pastoral :
Tout appel à l’implantation d’une Église est initié et commandé par le Saint-Esprit, comme l’illustre l’appel à l’implantation de l’Église à Antioche par l’apôtre Paul et Barnabas (Actes 13:1-3). La force motrice derrière toute implantation d’Église est l’amour de Dieu pour le monde en perdition (Jean 3:16). Lorsque nous voyons le monde à travers les yeux et l’amour de Dieu, nous sommes poussés par la compassion à sortir, à implanter des églises et à exercer un ministère.

D’après mon expérience, l’implantation d’églises ne dépend ni des finances ni des infrastructures physiques comme les bâtiments d’église. Non ! Ce dont nous avons besoin, c’est de la foi et de la confiance en Dieu et le Seigneur fidèle pourvoira à son œuvre. Comme l’a dit Hudson Taylor, « l’œuvre de Dieu faite à la manière de Dieu ne manquera jamais des ressources de Dieu ». Cela peut commencer même dans un humble foyer. Notre église en est un exemple. Nous avons commencé une étude biblique hebdomadaire dans notre petit appartement, qui s’est multipliée et a grandi. En peu de temps, l’espace n’était plus en mesure de nous accueillir. Nous l’avons signalé à un pasteur par l’intermédiaire de sa fille Fibia qui participait à l’étude biblique, et le pasteur et son église nous ont donné un espace dans leur église que nous avons utilisé librement avant de louer nos locaux actuels dans le centre de Bucarest.

Un autre ministère d’implantation d’église que nous avons eu était dans un camp de réfugiés, qui s’accompagnait de la réponse aux besoins physiques des réfugiés. Lorsque le directeur du camp de réfugiés a vu l’impact positif, il nous a donné une salle dans le camp que nous avons utilisée comme église pour les réfugiés. Une Église était implantée !

Par la foi, nous avons commencé l’Église dans notre appartement et dans le camp de réfugiés, et à travers la sœur Fibia, Dieu a fourni l’espace dans l’Église roumaine.

Au cours des dernières années, nous avons baptisé des personnes de différents milieux culturels et religieux, y compris des Roumains qui sont venus au Seigneur par notre ministère (Marc 16:15-16). Depuis que nous avons commencé en 2001, plus de quarante (40) nationalités différentes sont passées par notre église. Notre église est comme une station de transit où les gens vont et viennent. La bonne chose est que les gens entendent l’Evangile et quittent la Roumanie avec Jésus.

Les défis de notre ministère d’implantation d’églises
En tant que ministère d’implantation d’églises, nous avons été confrontés aux défis suivants, qui étaient attendus.

1. Résistance et menaces de la part de personnes d’autres origines religieuses :
Une fois, alors que je faisais de l’évangélisation dans un camp de réfugiés, un homme musulman a menacé de me tuer. Il m’a dit « si tu reviens ici la semaine prochaine, je te tuerai ». Je lui ai dit « tu es libre de me tuer mais je t’aimerai jusqu’au bout et je prie pour toi car mon Dieu est un Dieu d’amour ». Lorsque nous sommes retournés au camp la semaine suivante, l’homme même qui m’avait menacé a été le premier à nous accueillir et il a assisté au partage biblique.

2. La méfiance des forces de sécurité :
Les forces de sécurité roumaines soupçonnaient que je pouvais être impliqué dans des activités illégales comme la falsification de documents et le passage clandestin de personnes à la frontière vers d’autres pays d’Europe, car elles me voyaient entouré de différentes nationalités. Mais après une longue période d’examen, le chef de la sécurité est arrivé à la conclusion que j’étais un pasteur et que j’enseignais aux gens à être de bonnes personnes dans la société. Depuis lors, les forces de sécurité ont cessé de me suivre.

3. Défis liés à l’ordination :
Un autre défi auquel nous avons été confrontés concernait mon ordination en tant que pasteur. En 2002, le président de l’Union baptiste de Roumanie a refusé mon ordination pour obtenir une licence de pasteur d’église, parce que je n’étais pas roumain. Mais Dieu a changé leur cœur, et j’ai été ordonné, et aujourd’hui notre église a reçu la licence pour fonctionner.  Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? (Romains 8:31).

4. Les difficultés liées aux visas :
Avant de recevoir la nationalité roumaine, je n’étais pas en mesure de voyager en Europe en raison des restrictions de visa.

L’Eglise européenne en tant qu’Eglise d’envoi de missionnaires :
L’Eglise européenne primitive, dès sa création, était une Eglise forte et orientée vers la mission, qui a envoyé des missionnaires dans le monde entier, en obéissant à la Grande Commission. Nous, Africains, avons été évangélisés par des missionnaires européens qui ont joué un rôle positif en apportant la foi et l’éducation chrétiennes en Afrique. Je loue Dieu pour cela !

Qu’est-il arrivé à la forte Église européenne ? Qu’est-ce qui a mal tourné ?
Ces deux questions sont essentielles à notre compréhension de l’Église européenne en Europe aujourd’hui. En tant que missionnaire africain en Europe, mon observation est que les facteurs suivants ont contribué à affaiblir l’Eglise européenne.

La complaisance :
La vie complaisante a fait son apparition dans l’Église européenne probablement après la révolution industrielle. Comme la vie est devenue de plus en plus confortable, l’Eglise européenne est devenue tiède comme l’Eglise des Laodicéens : « Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien – et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu » (Apocalypse 3:17). Le centre d’intérêt de l’Église doit rester en tout temps « le Royaume de Dieu et sa justice » (Matthieu 6:33).

Le traditionalisme :
Lorsque l’Église accorde plus d’importance à la tradition qu’à l’Évangile vivant, cela conduit à l’atrophie spirituelle, à la décadence morale et à la tiédeur (Ap. 3:16). C’est pour cette raison que des réformateurs comme Martin Luther et Jean Calvin se sont avancés et ont défié l’Église traditionnelle. Les pasteurs et les enseignants de la Bible doivent défendre la vérité de la parole de Dieu « en leur enseignant à observer à tout ce que je vous ai prescrit » (Matthieu 28:20).

Influences de la culture, des autres religions et du paganisme :
En tant que missionnaire africain en Europe, mon observation est que l’Eglise européenne a été infiltrée et affaiblie par les influences culturelles, le paganisme et les autres religions. Les cultures, où qu’elles soient, influencent l’Eglise de nombreuses manières, y compris la façon dont les gens pratiquent leur culte. L’Islam empiète maintenant fortement sur l’Europe. Une autre influence sur l’Église est celle des questions contemporaines controversées comme l’avortement, le mariage homosexuel, l’euthanasie, etc. L’Église semble être contrainte par la loi de faire des concessions et de les accepter, mais pas en principe. Lorsque l’Eglise devient complaisante et traditionnelle, elle devient vulnérable à toutes ces influences et n’est plus la voix de la vérité. Les pasteurs doivent rester fermes dans l’enseignement de la saine doctrine. Jésus-Christ est peut-être en train de se tenir à l’extérieur et de frapper à la porte de nombreuses églises en Europe (Apocalypse 3:20).

Qu’est-ce qui a mal tourné et que se passe-t-il dans les églises européennes aujourd’hui ?
Nous savons tous ce qui a mal tourné ! Ma prière est de voir l’Eglise européenne revenir au modèle de « l’Eglise organique » d’Actes 2:42-47 avec l’enseignement, la communion, la fraction du pain et la prière au centre.

Le deuxième problème est de placer la théologie et la tradition au-dessus de la foi et du Saint-Esprit, ce qui fait de l’Eglise une institution académique et traditionnelle plutôt qu’un lieu de démonstration de la puissance de Dieu. Cela met l’Église en danger de mort. Il n’y a rien de mal à la théologie, mais l’Église doit être ouverte à l’œuvre du Saint l’Esprit.

La situation de l’Eglise européenne actuelle
En tant que missionnaire africain vivant en Europe, j’ai été témoin d’un mouvement important et positif dans l’Eglise européenne ces dernières années. Dieu est en marche pour faire revivre l’Europe à nouveau ! Ne nous rendras-tu pas à la vie ? (Psaume 85:7) Dieu est à l’œuvre, et il y a un espoir de réveil spirituel en Europe. Dieu est à l’œuvre , comme en témoigne l’émergence d’églises évangéliques fortes et d’organisations telles que le Forum des dirigeants européens (ELF). Dieu utilise également les leaders de la diaspora comme moi-même et d’autres en Europe, ainsi que les leaders européens autochtones, pour renforcer l’Eglise européenne.

Conclusion :
De quoi l’Eglise européenne a-t-elle besoin à l’heure actuelle ?
Ce dont l’Europe a besoin en ce moment, c’est de ce qui s’est passé à l’époque du roi Josaphat, lorsque des personnes ayant une solide connaissance du livre de la loi ont été mobilisées et envoyées dans toutes les villes pour enseigner la Parole. C’est ce que j’appelle un vrai réveil, un retour sincère à la Parole de Dieu (2 Chroniques 17:7-9).

Les écoles bibliques d’Europe doivent investir dans l’enseignement et la formation de vrais hommes et femmes de Dieu qui apporteront le réveil, en se repentant et en intercédant. Il est historiquement connu que les réveils suivent la repentance, la recherche sincère de la face de Dieu dans la prière, le jeûne et l’humilité devant Dieu (2 Chroniques 7:14). L’Eglise européenne doit chercher Dieu dans la prière, se tenir dans la brèche (Ezéchiel 22:30) et se repentir au nom de l’Europe. Dieu honorera toujours la prière sincère et la repentance de son peuple et le visitera toujours. Lorsque cela se produira, le réveil viendra.

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Resilience: L’Espoir et la Patience s’embrassent https://www.lausanneeurope.org/fr/resilience-hope-and-patience-embrace-each-other/ https://www.lausanneeurope.org/fr/resilience-hope-and-patience-embrace-each-other/#respond Thu, 25 Feb 2021 16:34:27 +0000 https://www.lausanneeurope.org/resilience-hope-and-patience-embrace-each-other/ La résignation semble être le mot qui résume le mieux le moment présent (selon les sociologues). Après une période de lutte et de résistance, vient une période de lassitude et de résignation. Les gens se sentent désorientés, effrayés et anxieux face à l'avenir.

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«Soyez donc patients, frères, jusqu’à l’avènement du Seigneur. Voici, le laboureur attend le précieux fruit de la terre, prenant patience à son égard, jusqu’à ce qu’il ait reçu les pluies de la première et de l’arrière saison. Vous aussi, soyez patients, affermissez vos cœurs, car l’avènement du Seigneur est proche.» (Jacques 5:7-8)

La résignation semble être le mot qui résume le mieux le moment présent (selon les sociologues). Après une période de lutte et de résistance, vient une période de lassitude et de résignation. Les gens se sentent désorientés, effrayés et anxieux face à l’avenir.

Pourquoi ? Qu’est-ce qui ne va pas ? La résistance (résilience) ne suffit pas, elle doit être accompagnée de patience et d’espoir. Les trois forment un tout indissociable. Ce triangle (divin) nous montre non seulement comment garder espoir, mais aussi à quoi s’attendre à l’heure de l’épreuve.

Cette perception chrétienne de la patience est admirablement décrite dans Romains 5:4-5 :

« …nous nous glorifions même des afflictions, sachant que l’affliction produit la persévérance, la persévérance la victoire dans l’épreuve, et cette victoire l’espérance. Or l’espérance ne troupe point« 

Nous devons apprendre à développer la patience dans l’épreuve et l’espoir dans les temps d’ attente.  Nous découvrirons alors que Dieu peut transformer nos adversités en opportunités.

Trois mots dans le titre : résilience, patience et espoir.  Ils forment un tout indissociable. Nous ajoutons un quatrième élément : le contentement :

  • La résilience : l’adaptation naturelle
  • La patience : un pont vers l’acceptation
  • Le contentement : l’acceptation surnaturelle
  • L’espoir : un aliment de la patience

1-LA RESILIENCE: L’ADAPTATION NATURELLE
En marchant le long de la plage dans une réserve naturelle de l’île de Minorque, j’ai remarqué que la végétation, à la fois les buissons et les arbres, était fortement inclinée dans une direction. Le fort vent du nord, très typique de cette partie de l’île, a façonné un paysage curieux et hautement symbolique. Il était spectaculaire de contempler les troncs épais des pins pliés comme s’ils s’agissaient de jouets en caoutchouc. Pourquoi y a-t-il des arbres qui se fendent quand l’ouragan souffle et d’autres, au contraire, qui s’adaptent à la force du vent en se pliant ?  La réponse est importante car c’est là que réside leur capacité à survivre. Le mot clé est la flexibilité. Plus un arbre est rigide – comme un objet – plus il risque de se casser sous l’effet d’une pression ou d’un choc violent. Inversement, plus il est souple, plus il s’adaptera à une pression intense sans se casser.

Face à l’épreuve, les personnes sont comme des arbres : nous avons une capacité d’adaptation qui nous permet de résister et de réorganiser notre vie après l’impact d’une expérience traumatisante. Cette capacité « élastique » est aujourd’hui connue sous le nom de résilience : la capacité à rebondir après un traumatisme. Une personne « résiliente » est comme les arbres de Minorque : face au vent, elle s’adapte.

Nous voici aujourd’hui ici: il y a eu une adaptation face à l’assaut de la pandémie. C’est le momentum actuel. Mais la résilience seule ne suffit pas chez l’être humain. Si elle n’est pas accompagnée d’autre chose, elle peut déboucher sur la résignation, le stoïcisme dans le meilleur des cas, ou le fatalisme, l’amertume et le nihilisme dans le pire des cas.

La résilience est nécessaire, mais pas suffisante. Elle est basée sur une conception matérialiste et évolutive de l’être humain. En fait, le mot original vient de la métallurgie et de la physique.  Ce n’est que plus tard qu’elle a été appliquée au comportement humain (Boris Cyrulnik). Ce n’est pas un hasard si aujourd’hui ce concept est devenu à la mode sans discrimination critique : il correspond bien à la façon de penser, à la vision du monde qui se fonde sur une anthropologie matérialiste. En tant que personnes nous avons besoin de plus que de la résilience car nous sommes plus que des arbres ou des métaux.

2-LA PATIENCE : UN PONT VERS L’ACCEPTATION
Au-delà de la résilience, nous devons développer la patience. La patience est l’ingrédient émotionnel et spirituel qui nous distingue des animaux et des objets face à un traumatisme (choc). Si la résilience est une réaction instinctive, la patience est la réaction distinctive des humains dans l’épreuve. C’est aussi le pont vers l’acceptation.

Nous devons bien comprendre le concept car les gens associent la patience à la résignation (le concept stoïcien n’est pas le concept chrétien). L’idée de patience dans la Bible est si riche qu’elle nécessite deux mots complémentaires.

  • Persévérance :  persister
  • La force de caractère : résister.

 «Que le Seigneur dirige vos cœurs vers l’amour de Dieu et vers la patience de Christ!» (2 Thes. 3:5). Si l’amour définit l’essence de Dieu, la patience définit le caractère du Christ. 

La patience est la force de l’esprit : Résister
Le mot original utilisé « makrotimia »  est actif et positif, loin de l’idée populaire (stoïque) de la patience. Il signifie littéralement « grand esprit ». Il fait allusion à un esprit fort et résistant qui reste ferme face à l’adversité. Cette patience n’abandonne pas, ne cède pas aux circonstances difficiles. C’est le contraire d’une personne lâche et pusillanime qui « se noie dans un verre d’eau ».

Elle est loin d’une attitude de résignation, d’un conformisme qui naît de l’impuissance et conduit au fatalisme. Au contraire, la patience chrétienne, fruit de l’Esprit Saint, ne renonce pas mais lutte, elle ne se plie pas mais s’affirme face à l’adversité, elle n’est pas passive mais recherche activement des solutions.

Maintenant, nous avons dit que la patience est un pont vers quelque chose. La patience génère un fruit, elle s’exprime dans une réalité que la Bible appelle le contentement. Le contentement est l’expression visible de la patience.

3-LE CONTENTEMENT : L’ACCEPTATION SURNATURELLE
Si la résilience est une adaptation naturelle, le contentement est une acceptation surnaturelle. Elle nait  de cette patience qui est divine dans son origine, la marque du Christ et le fruit de l’Esprit Saint.

«J’ai appris à être content de l’état où je me trouve. Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim… Je puis tout par celui qu me fortifie » (Philip. 4:11-13)

Lorsque l’apôtre Paul a écrit ces mots, il était confiné à Rome (probablement en résidence surveillée, pas en prison). Dans tous les cas, un internement involontaire dans des circonstances difficiles. Il ne s’adressait pas à ses lecteurs dans une position de confort, mais dans une situation profondément troublante et en danger direct de mort. Où a-t-il trouvé la force d’envoyer un message aussi serein en plein milieu du procès ?

Il nous donne lui-même la réponse : « J’ai appris à être content ». Le mot original implique une connotation d’indépendance (autarcie) : ne pas dépendre des circonstances, ne pas être lié aux problèmes. Apprendre la satisfaction, c’est donc acquérir une attitude d’une certaine indépendance par rapport aux événements de la vie et ne pas se laisser piéger par eux.

Le contentement nous amène à voir, à penser et à vivre différemment face au traumatisme, au coup. De nos jours, nous parlerions d’acceptation, une acceptation qui n’est pas de la résignation, du fatalisme ou de la passivité, mais la conviction profonde que Dieu réalise ses desseins dans ma vie non pas en dépit des circonstances, mais à travers elles. La conviction que pour Dieu il n’y a pas de déchets dans notre vie.  Il utilise tout, le recycle pour notre bien. On pourrait dire que Dieu est le grand recycleur, un spécialiste de la transformation de nos adversités en opportunités. C’est l’essence même de l’acceptation.

Paul conclut le texte par une phrase qui a inspiré des millions de personnes : « Je puis tout par celui qui me fortifie » (Phil. 4, 13). C’est-à-dire que je peux être plus fort que toute adversité, surmonter toute circonstance lorsque je suis en Christ, « connecté » au Christ. C’est là que nous voyons le plus clairement la différence entre l’adaptation-résilience naturelle et l’acceptation authentique qui est surnaturelle. Être en Christ est la source de notre patience.

4-L’ESPOIR, UN ALIMENT DE LA PATIENCE
«Affermissez vos cœurs, car l’avènement du Seigneur est proche » (Jacques 5:8)

La patience est inséparable de l’espoir. En fait, elle se nourrit, s’alimente d’espoir et génère à son tour de l’espoir dans un cercle divin glorieux (Rom. 5:4-5). On pourrait dire que la patience et l’espoir se confondent dans une étreinte. Nous arrivons au point culminant de notre thème.

« L’espoir est à la vie ce que l’oxygène est aux poumons » (E. Brunner) Mais la question clé est de savoir ce que nous espérons. Notre espoir a, bien sûr, une dimension actuelle. Dans ce cas, nous attendons avec impatience la fin d’une épidémie. Mais cet espoir n’est pas suffisant et peut se transformer en frustration si notre attente n’est pas satisfaite. Nous n’avons aucune garantie que « tout ira bien » (hash-tag).

L’espoir ne s’arrête pas à l’ici et au maintenant, il vole plus haut et remonte à l’éternité. La vie sur terre est un bien précieux, mais ce n’est pas le bien suprême. Le bien suprême est la vie éternelle. C’est pourquoi le Seigneur a averti : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais qui ne sont pas capables de tuer l’âme » (Matt. 10:28). Il nous frappe que ce texte précède la promesse réconfortante de la sollicitude de Dieu « car même les cheveux de votre tête sont tous comptés » (Matt. 10:30).

C’est ici que l’espérance chrétienne nous donne un aperçu de l’ÉTERNITÉ. Jacques mentionne à deux reprises la venue du Seigneur en parlant de la patience. Ce n’est pas une coïncidence. La vision de la seconde venue du Christ est la vision de l’éternité et « affermit notre cœur », renforce notre patience. Lorsque nous entrevoyons la gloire de l’éternité avec le Christ, notre contentement est renouvelé et la tribulation actuelle devient « légère et passagère » (2 Cor. 4, 17-18). L’espoir est donc la force motrice et motivante de la patience.

L’espérance chrétienne n’est pas un concept mais une personne, le Christ ; ce n’est pas une idée abstraite mais une expérience de vie ; elle ne se fonde pas sur un désir futur mais sur un événement passé ; elle ne dit pas « tout ira bien » mais « tout allait bien à la croix ». Ce que le Christ a fait un jour et ce qu’il continue à faire aujourd’hui est le fondement de l’espérance qui renforce notre patience et complète notre résilience.

Conclusion : « Que ceux d’entre nous qui sont venus pour s’emparer de l’espoir qui se présente à nous soient donc très réconfortés. Espoir que nous avons comme un ancrage sûr et solide de l’âme ». (Hébreux 6: 18,19)

« Que notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, et Dieu notre Père, qui nous a aimés, et qui nous a donné par sa grâce une consolation éternelle et une bonne espérance, consolent vos cœurs, et vous affermissent en toute bonne œuvre et en toute bonne parole » ( 2Thes. 2:16-17)

Q&R | Question et Réponse
Q :Le concept face à l’épreuve, face aux circonstances difficiles, le discours de « Oh pauvre de moi, regardez ce qui m’est arrivé » où entrerait-il dans ces concepts que vous avez mentionnés ? et la réaction opposée qui serait la colère, la colère contre les circonstances. Ces deux réactions, où entreraient-elles dans ces concepts ? Et lorsqu’une personne tombe en dépression (même si elle est croyante), que s’est-il passé ? Est-ce que la résilience est restée seule, et n’a pas été accompagnée de patience et d’espoir ?

R: C’est une question très intéressante. Commençons par la première partie. Il est important de différencier deux concepts clés. Une chose est l’apitoiement sur soi-même et une autre est la lamentation. Ce sont deux concepts totalement différents. S’apitoyer sur soi-même, c’est penser que vous êtes le malheureux, que tout vous affecte, que toutes les mauvaises choses vous arrivent et que seules les bonnes choses arrivent aux autres. Ensuite, vous tombez dans cette attitude d’apitoiement sur vous-même qui se résumerait par la phrase : « Comme je suis malheureux et comme la vie va bien pour les autres ». L’apitoiement sur soi-même est émotionnellement pernicieux, il est toxique car il peut conduire à l’autodestruction, mais le plus dangereux est que l’apitoiement sur soi-même peut conduire à l’amertume. Et l’amertume est évidemment un péché. L’amertume est bien un péché. L’apitoiement sur soi-même n’est pas un péché, mais la conséquence, qui est l’amertume, l’est. Par conséquent, nous devons éviter de nous apitoyer sur notre sort, ce n’est pas bon, ce n’est pas positif, ni émotionnellement ni spirituellement.

Mais cela dit, la lamentation a sa place dans la Parole de Dieu, et en fait nous pouvons élaborer, c’est l’un des thèmes que j’aime traiter, une authentique théologie de la lamentation. Prenons quelques psaumes, par exemple le psaume 137 : « Sur les bords des fleuves de Babylone, nous nous sommes assis et nous avons pleuré, en nous souvenant de Sion ». Il y a une place pour la lamentation. Et que dire d’un texte monumental comme le chapitre 8 de Romains où l’on nous dit que la création gémit, pleure, mais pas seulement la création, mais nous-mêmes pleurons. Et le Saint-Esprit pleure aussi, intercède pour nous avec des gémissements indicibles, donc, il y a place pour la lamentation. La complainte est biblique. Il y a une juste lamentation dont le Seigneur, loin d’être ennuyé ou en colère, se réjouit car elle est l’expression de voir et de vivre la réalité de ce monde, le mal avec les yeux de Dieu. C’est dans ce sens que le Seigneur Jésus dit : « Heureux ceux qui pleurent, heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés ». Et le Seigneur Jésus lui-même, en s’approchant de Jérusalem, était en deuil et pleurait sur elle. Il est donc très important d’éviter de tomber dans l’apitoiement sur soi-même, mais la lamentation, loin d’être négative, je dirais que c’est une forme de catharsis, d’expression saine qui nous aide à assimiler les expériences que nous vivons. « Pleurez avec ceux qui pleurent », dit le Seigneur, n’est-ce pas ?

La deuxième partie, la deuxième réaction : la colère. C’est plus ou moins la même chose. Ce sujet, en fait, je le développe assez complètement dans le livre de « Écharde dans la chair », également un peu dans « Au-delà de la douleur », puisque ce sont les deux livres qui ont été mentionnés. En fait, j’explique assez bien le concept de résilience dans le chapitre 3 de « Écharde dans la chair ». Il y a une colère qui peut être un péché parce qu’elle s’exprime contre Dieu. Mais il existe un autre sentiment de colère qui n’est pas un péché car il ne s’exprime pas contre Dieu, mais devant Dieu, face à Dieu. Le problème n’est pas de se plaindre à Dieu, mais de se plaindre de Dieu.

Un exemple nous aide clairement à comprendre cela, le prophète Habacuc. Habacuc, le mot qui est utilisé dans le verset 1 du chapitre 2 est très fort. Il est écrit : « pour savoir ce que Dieu me dira et comment il répondra à mes plaintes « . Le mot est « querelle » dans l’original. Habacuc se plaint à Dieu. Cependant, nous savons que Habacuc a lutté avec Dieu. C’est ce que le nom Habacuc signifie « celui qui lutte embrassé ». Habacuc a lutté pour embrasser Dieu, n’est-ce pas ? Par conséquent, ce n’est pas un péché d’exposer notre colère, notre courroux devant Dieu. Le problème, le danger est de se plaindre de Dieu. C’est ce qui distingue la plainte ou la colère de la fidélité, d’une position de soumission, ou la plainte de la rébellion. C’est la grande différence, n’est-ce pas ?

Eh bien, je me suis étendu, mais la question était impliquait beaucoup. C’est pourquoi j’espère que ces concepts seront utiles. Il est légitime de se lamenter, l’apitoiement n’est pas bon, il est légitime d’être en colère, mais pas contre Dieu mais devant Dieu. Ce serait le résumé.

Q: Merci Pablo. J’ai aimé la partie où vous parlez de triomphalisme parce que nous avons gobé le slogan « tout ira bien », « nous nous en sortirons tous ensemble » et ce genre de proclamations. Et je ne sais pas quelles lignes directrices vous nous donneriez pour que, surtout avec les enfants ou avec d’autres, nous puissions éviter ce triomphalisme et avoir une position plus ciblée. Surtout, il faut penser au fait que les enfants reçoivent ces messages comme une petite pilule pour leur donner de l’optimisme. Qu’est-ce que tu nous conseilles?

R: Intéressant aussi. Je dirais que notre société se situe entre deux extrêmes, n’est-ce pas ? L’un est l’extrême de la pensée magique. L’espoir et la croyance que tout ira bien, par magie. Par exemple, dans notre société, l’accent est mis sur les solutions. Nous voulons des solutions à tout. La solution est automatique, elle est instantanée, elle est magique. Le mot solution n’apparaît nulle part dans la Bible. En revanche, le mot « sortie » apparaît. Il y a une différence très importante entre une solution et une issue, n’est-ce pas ? Le verset que j’ai mentionné plus haut, tiré de 1 Cor. 10:13. Ce que Dieu nous promet n’est pas une solution aux problèmes. Ce que Dieu nous promet, ce sont des voies de sortie.

Mais, notons que le concept de sortie nous donne deux idées très importantes que nous devons transmettre aux enfants. Le concept de sortie à un problème est avant tout un concept réaliste. Ce n’est pas un concept idéaliste, dans le sens positif du terme, ni pessimiste non plus. Tout ne va pas bien se passer, tout ne va pas mal se passer. Car certaines choses se passeront bien, d’autres moins bien, et d’autres encore moins bien. C’est l’équilibre que nous devons avoir. Le réalisme est très important. D’autre part, le mot « sortie » porte l’idée d’effort. Premièrement, vous devez chercher la sortie, vous devez vous renseigner et deuxièmement, lorsque vous avez la sortie, vous devez marcher. Vous devez suivre le chemin que la sortie vous a indiqué, n’est-ce pas ? C’est ainsi, par exemple, que le peuple d’Israël a dû marcher. Pendant 40 ans. Ils n’ont probablement pas aimé la sortie, mais c’était la sortie que Dieu avait prévue. N’oublions pas, en ce sens, que les débouchés que Dieu nous offre font partie de ce processus de recyclage. Recycler les déchets de notre vie, n’est-ce pas ?

Donc, pour résumer, je dirais que c’est important pour les enfants, ainsi que pour les adultes bien sûr de leur transmettre un message qui ne soit pas une pensée magique, un triomphalisme qui ne touche pas le sol, un idéalisme totalement aveugle. À cet égard, il est évident que l’une des spécialités des hommes politiques d’aujourd’hui est de vendre ce genre de pensée magique, n’est-ce pas ? Et nous le voyons non seulement dans les partis d’une couleur, mais aussi dans les partis de l’autre couleur. Toutes les parties ont tendance à vendre ce genre de pensée. Et ne tombons pas non plus dans l’autre extrême que nous disons, qui est l’extrême du pessimisme, du fatalisme, du nihilisme.

Q: Comment construire une foi qui surmonte les obstacles et ne croit qu’au milieu de grandes difficultés ? Comment construire une foi vivante au milieu de situations telles que votre entreprise sur le point de fermer et que vous allez être endetté et à la recherche d’un emploi ?

R: Il s’agit d’une œuvre à deux. Plus encore, il s’agit d’un ouvrage en trois parties. J’aime cette expression « construire la foi ». En fait, le concept qui apparaît dans les épîtres de Paul est celui de « grandir dans la foi », n’est-ce pas ? L’idée de croissance est déjà un processus. Pour avancer vers un état adulte, parfait et mature. C’est le mot « teleios » en grec. « Celui qui a commencé une bonne œuvre en vous l’achèvera jusqu’au jour de Jésus-Christ », le mot ici est de mûrir, de se perfectionner. Mais dans ce processus de croissance, de construction de la foi, il y a trois éléments fondamentaux. D’une part, votre volonté, vous-même. Votre désir d’apprendre, de vous soumettre, d’être prêt à comprendre et à appréhender la volonté de Dieu. Ensuite, il y a l’œuvre du Saint-Esprit, le grand transformateur. Le Saint-Esprit est le grand intercesseur, mais il est aussi le grand transformateur. C’est lui qui fait réellement fonctionner ce processus de transformation en nous. La croissance dans la foi n’est pas une question d’auto-assistance. Nous ne pouvons pas le faire seuls. Dans la foi, dans le développement de la foi, l’aide surnaturelle du Saint-Esprit est indispensable. L’aide de Dieu par l’Esprit Saint. Et le troisième ingrédient, l’aide du peuple de Dieu, de l’église, des frères. L’aide des frères de l’église est très importante pour notre croissance, pour la construction de cette foi. La pire chose qu’un croyant puisse faire dans une période d’épreuve est de s’isoler. L’isolement est une grave erreur. C’est dans les moments d’épreuve que nous avons le plus besoin de la fraternité des frères.

Donc, pour résumer : la foi en temps d’épreuve ou non, à tout moment, se construit avec la combinaison de ces trois éléments : votre volonté de grandir (comme les croyants de Bérée qui ont cherché la Parole pour voir ce qu’elle disait d’eux). Cet esprit de recherche, de développement personnel. L’aide du Saint-Esprit, une aide surnaturelle et l’aide des frères de l’église que nous ne pouvons pas sous-estimer. C’est une aide imparfaite, l’église a des taches, elle a des rides, mais c’est le Peuple de Dieu, c’est le corps du Christ et il est précieux. Et nous devons apprendre à valoriser l’église non pas en dépit de ses défauts, mais avec ses défauts, mais bon  c’est un autre sujet.

Q: Les gens qui tombent en dépression, est-ce parce qu’ils sont restés seulement résilients ? Beaucoup d’entre nous peuvent tomber dans une dépression légère ou sévère dans des situations de douleur qui s’étendent dans le temps, est-ce un manque d’espoir ?

R: Pour qu’une personne tombe en dépression dans une période d’épreuve, il n’est pas nécessaire qu’elle ait en soi des implications spirituelles. La dépression est un trouble émotionnel et les implications spirituelles peuvent venir plus tard. Mais je dirais que la résilience seule, plutôt que la dépression, conduit à ce que nous avons dit au début de la présentation. A la résignation, au fatalisme, à l’amertume, à la passivité, au stoïcisme. Un peu comme ce que l’on trouve décrit dans le livre de l’Ecclésiaste : « Vanité des vanités, tout est vanité », non ? En période d’épreuve, la dépression qui peut apparaître est une dépression due à un épuisement émotionnel. C’est un concept intéressant et je vais l’aborder très brièvement.

Les épreuves sont une charge supplémentaire d’énergie émotionnelle. Nous subissons une intense ponction de nos énergies physiques, émotionnelles et spirituelles. Lorsque nous sommes confrontés à l’épreuve, nous sommes en lutte et cela entraine une perte, une énorme dépense d’énergie. Si cette énergie émotionnelle, physique et spirituelle n’est pas suffisamment reconstituée, nous finissons comme Elie (1 Rois 18 et 19). Un paradigme de la dépression due à l’épuisement, dans ce cas non pas au milieu de l’épreuve, non pas au milieu de la souffrance, mais paradoxalement au milieu de la réussite. La victoire sur les Baals, etc… mais la dépression d’Elie était clairement une dépression due à l’épuisement. Il y a trois grands dangers dans une situation d’épreuve. L’isolement que nous avons déjà mentionné, la dépression due à l’épuisement et l’amertume spirituelle. Ce sont les trois grands dangers.

Pour prévenir ces dangers, nous avons besoin de ce dont je parlais précédemment, de ces trois ingrédients qui construisent la foi à l’heure de l’épreuve : notre prédisposition à grandir, l’aide surnaturelle du Saint-Esprit et l’aide de la communion des frères. La dépression en période d’épreuve a un remède, elle a un traitement, ce n’est pas quelque chose qui devrait nous effrayer. Je dirais que c’est presque, dans certains cas, une réponse naturelle et qu’il n’est pas si difficile de traiter et de se remettre d’un épuisement émotionnel au milieu de la souffrance. Je suis bien plus préoccupé par l’amertume de l’épreuve. Il est bien plus difficile de remédier à l’amertume  qu’à la dépression de l’épreuve. C’est pourquoi le Seigneur Jésus a dit à l’apôtre Pierre à Gethsémani, peu avant la croix : « Le diable a demandé de te cribler comme du froment, mais moi, j’ai prié… » Le Seigneur Jésus pouvait demander beaucoup de choses pour eux. Il aurait pu demander que l’ épreuve soit plus courte, il pourrait demander que Dieu les renforce. Tout cela était légitime, cependant, le Seigneur Jésus dit : « J’ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas ». Car l’affaiblissement de la foi, le fait de finir dans l’amertume est le danger ou l’un des principaux dangers du temps de l’épreuve.

Q: Je suis enseignant et je suis en contact avec des étudiants et des professeurs. Comment pouvez-vous transmettre ce que vous dites à des personnes au travail qui ont traversé des situations difficiles, que ce soit à cause de la pandémie ou d’autre chose ? C’est parfois difficile, parce que vous savez qu’une grande partie de ce dont vous parlez est basée sur la foi et parfois je me demande, quels sont les petits pas que je peux faire pour qu’ils soient une bénédiction pour quelqu’un qui n’est pas chrétien ? Je dis des petits pas, mais peut-être que vous pouvez prendre des mesures qui peuvent être une bénédiction pour les autres, pour ceux qui souffrent.

 R: C’est une belle question pour terminer. Notre témoignage au milieu de l’épreuve. Il y a quelque chose que vous pouvez faire qui transmet probablement le message le plus puissant. C’est l’un des messages d’évangélisation les plus puissants. C’est « être avec », accompagner. Restez aux côtés de. Lorsque vous êtes aux côtés d’une personne qui souffre, vous transmettez un message d’amour irremplaçable, imbattable. C’est pourquoi le soutien à l’heure de l’épreuve est un instrument puissant, que l’on pourrait même qualifier d’évangélisation. Vous transmettez un message. La deuxième étape, je vous parle d’un point de vue personnel car c’est subjectif, serait qu’ils voient quelque chose de différent en vous, pas différent dans le sens d’excentrique mais d’attirant. La sainteté chrétienne n’a pas besoin d’être excentrique mais attrayante. Il y a quelque chose de différent. Si vous vous souvenez de la biographie de C.S. Lewis « Surprised by Joy », je crois que c’est le titre en anglais, il le mentionne. Il parle que lorsqu’il était au lycée ou à l’université, je ne me souviens plus maintenant, les deux professeurs les plus attirants. Lui était un athée militant. « Les deux professeurs les plus attirants, ceux que j’aimais le plus, ceux qui m’attiraient le plus et que je voulais imiter étaient des chrétiens. Et cela m’a ennuyé », dit Lewis. Mais c’est juste que ces chrétiens ont réveillé en lui quelque chose qui l’a attiré. Une sainteté qui attire. Et je pense que c’est le deuxième petit pas que nous pouvons faire. Tout d’abord accompagner, ensuite  essayer de montrer une différence attrayante à la sainteté et enfin je dirais que la puissance de la Parole de Dieu est absolument irremplaçable, indispensable. Donnez-lui un passage de la Parole, partagez avec lui la Parole de Dieu qui est vivante et efficace. Quelque chose, une lecture ou un commentaire de la Parole, parce que la Parole de Dieu pénètre et Dieu parle à travers la Parole. « Comment peuvent-ils croire s’il n’y a personne pour leur prêcher », n’est-ce pas ? Et prêcher par la Parole est fondamental. Je pourrais dire bien d’autres choses, mais je crois que ces trois outils sont des petits pas que Dieu peut transformer en grands pas lorsqu’il s’agit de témoigner de notre foi. Et n’essayons pas de convaincre qui que ce soit. L’Esprit Saint est celui qui convainc, nous sommes appelés à semer, pas à convaincre.

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Défendre les Chrétiens Persécutés d’une Manière qui Renforce Notre Témoignage Chrétien https://www.lausanneeurope.org/fr/advocating-for-persecuted-christians-in-a-way-that-reinforces-our-christian-witness/ https://www.lausanneeurope.org/fr/advocating-for-persecuted-christians-in-a-way-that-reinforces-our-christian-witness/#comments Thu, 28 Jan 2021 15:18:43 +0000 https://www.lausanneeurope.org/advocating-for-persecuted-christians-in-a-way-that-reinforces-our-christian-witness/ En tant qu'évangéliques qui croient au salut par la grâce, par la foi - une décision personnelle et individuelle - notre désir est que chaque être humain vive dans un contexte où il ait la possibilité de choisir librement Jésus Christ comme Sauveur. Nous croyons en un Dieu qui a donné une grande liberté et responsabilité aux êtres humains de le choisir ou non, et d'assumer les conséquences de leurs choix. La liberté de conscience et la liberté de religion ont donc été des valeurs historiquement chères aux évangéliques, et à juste titre.

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En tant qu’évangéliques qui croient au salut par la grâce, par la foi – une décision personnelle et individuelle – notre désir est que chaque être humain vive dans un contexte où il ait la possibilité de choisir librement Jésus Christ comme Sauveur. Nous croyons en un Dieu qui a donné une grande liberté et responsabilité aux êtres humains de le choisir ou non, et d’assumer les conséquences de leurs choix. La liberté de conscience et la liberté de religion ont donc été des valeurs historiquement chères aux évangéliques, et à juste titre.

Outre cet attachement théologique à la liberté religieuse, les évangéliques sont également confrontés à des réalités sociopolitiques qui les amènent à mettre en avant ce droit fondamental. Globalement, la majorité des évangéliques vivent dans des pays où leur liberté de culte est limitée. Dans notre travail de représentation de l’Alliance évangélique mondiale aux Nations unies, je le constate tous les jours : lorsque nous demandons à nos alliances membres quelles sont les questions prioritaires qu’elles voudraient nous voir aborder avec leurs gouvernements aux Nations unies, la liberté religieuse passe presque toujours en premier. La défense de nos frères et sœurs chrétiens dont la liberté religieuse est violée est une cause à laquelle nous sommes appelés à nous engager avec force et courage.

Mais, et ceci n’est pas nouveau, toute bonne chose et toute bonne cause peuvent également être mal utilisées. Ces dernières années, de plus en plus de partis politiques ou de gouvernements se sont présentés comme des défenseurs de la liberté religieuse des chrétiens d’une manière qui, en réalité, instrumentalise ces concepts au service d’un programme politique national. Du fait de notre attachement profond à la notion de liberté de religion, les évangéliques sont vulnérables à ce type de manipulation. Lorsque des chrétiens sont associés à un tel programme, cela peut constituer un obstacle à l’adoption de la foi chrétienne par des non-chrétiens. Par conséquent, cette situation nous oblige à redoubler d’efforts pour examiner comment nous pouvons faire le travail de défense de la liberté de croyance qui est alignée sur l’Évangile et qui renforce notre témoignage chrétien. Voici quelques pistes de réflexion.

1) Préconiser la liberté religieuse pour tous – et pas seulement pour les chrétiens
Premièrement, par définition, la liberté de religion existe pour tout le monde ou n’existe pour personne. Exiger la liberté de religion pour un seul groupe est une contradiction inhérente. Par conséquent, si nous voulons la liberté pour les chrétiens, nous devons demander la liberté pour toutes les confessions. Dans sa résolution sur la liberté religieuse et la solidarité avec l’Église persécutée (2008), l’Alliance évangélique mondiale déclare que « Nous affirmons notre plaidoyer en faveur des chrétiens persécutés et des adeptes d’autres religions auprès des gouvernements (…). Le droit à la liberté religieuse est indivisible et ne peut être revendiqué pour un groupe particulier à l’exclusion des autres ».

Notre engagement en faveur de la liberté religieuse et des droits de l’homme des personnes de toutes confessions est également motivé par des raisons théologiques. Nous croyons que tous les êtres humains sont créés à l’image de Dieu et que, par conséquent, nous formons une seule famille humaine – même si elle a été fortement endommagée par la chute. Nous devons donc éviter de donner l’impression que nous ne sommes intéressés que par la protection de nos frères et sœurs en Christ. Il est de notre devoir de défendre également les droits et la dignité de nos « voisins » qui sont nos frères et sœurs « en humanité », y compris leur droit de suivre ce que nous considérons comme de fausses croyances. Nous le faisons en croyant qu’ils devront également assumer la responsabilité des conséquences de leurs décisions devant Dieu. Il s’agit d’une liberté et d’une responsabilité que Dieu lui-même a accordées à l’humanité. Dans sa résolution de 2008, l’Alliance évangélique mondiale, déclare ce qui suit : « L’AEM fait la distinction entre la défense des droits des membres d’autres religions ou d’aucune religion et l’approbation de la vérité de leurs croyances. La défense de la liberté des autres peut se faire sans accepter la vérité de ce qu’ils croient ».

Une telle défense centrée sur le voisin va à l’encontre de la logique de nombreux pays du monde qui ne défendent que les intérêts de leur propre groupe et au détriment des autres. L’engagement en faveur de la liberté religieuse pour tous fait partie de ce témoignage d’amour universel, qui est à l’image de Dieu et qui implique la défense de la liberté de ceux qui croient différemment. C’est un signe prophétique et un témoignage en faveur de l’Évangile parmi les nations. Au contraire, défendre uniquement la liberté des chrétiens est un contre-témoignage qui va à l’encontre de l’enseignement biblique selon lequel tout être humain est créé à l’image de Dieu et doté de la même immense valeur. 

2) Défendre tous les droits de l’homme et l’État de droit – pas seulement la liberté de religion
En outre, on ne peut pas choisir certains droits de l’homme et en négliger d’autres parce que tous les droits sont interdépendants et liés entre eux. En d’autres termes, nous ne pouvons pas être les défenseurs de la liberté religieuse et fermer les yeux sur d’autres droits de l’homme. Si un gouvernement ne respecte pas l’État de droit, si le pouvoir judiciaire n’est pas indépendant, si l’égalité entre tous les citoyens n’est pas garantie, ou si la liberté d’association et d’expression est violée, il n’y aura pas non plus de liberté religieuse. La liberté religieuse au sens strict ne peut donc pas être notre seul critère pour juger une politique des droits de l’homme. Si nous nous préoccupons réellement du bien commun de l’humanité – et nous devrions le faire – notre intérêt sera la protection de tous les droits de l’homme.

Deuxièmement, notre plaidoyer ne doit pas confondre ce que nous attendons de l’État avec ce que nous attendons de l’Église. Nous attendons de l’État qu’il garantisse une société libre où toutes les personnes, y compris les chrétiens, jouissent des mêmes droits et libertés. Nous envisageons un État qui rend justice, qui lutte contre la corruption, qui garantit la liberté même pour les groupes minoritaires impopulaires et dans lequel il n’y a pas de citoyens de seconde classe. Le rôle de l’Église est de faire progresser le Royaume de Dieu, de témoigner de son amour en action et en vérité et de proclamer l’Évangile et ses valeurs – ce qu’en principe elle peut faire  mieux  dans une telle société libre. L’avancement du Royaume de Dieu n’est pas le rôle de l’État. Bien sûr, si l’Eglise, par la grâce de Dieu, réussit dans cette mission, les valeurs bibliques vont imprégner la société et éventuellement influencer ses lois et les valeurs de la nation et de ses institutions. Néanmoins, toute société humaine est inévitablement constituée d’un certain pluralisme religieux et il est de notre devoir de chrétiens de rester fidèles à la défense de ces libertés pour tous, que nous soyons en position de minorité ou de majorité.

3) Être prophétique – et éviter une mentalité de victime
Plusieurs études montrent que, numériquement, les chrétiens sont le groupe le plus persécuté au monde, et que malheureusement cette tendance s’accentue. Cette triste réalité devrait nous interpeller et nous motiver à prier, à soutenir l’Église persécutée et à défendre les victimes et leurs libertés. Mais cette situation comporte également un risque : celui de développer une mentalité de victime.

Une mentalité de victime n’est pas le modèle que nous montrent les apôtres dans le Nouveau Testament. Face à la persécution, après avoir été battus à coups de bâton, ils se sont même réjouis d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus (Actes 5: 41).

Si nous analysons le monde et ses conflits exclusivement sous l’angle de la persécution des chrétiens ou du choc entre les civilisations et les religions, nous risquons de mal comprendre certaines réalités plus complexes et notre plaidoyer ne sera pas adéquat et sage. Par exemple, si nous sommes trop prompts à utiliser une terminologie telle que « génocide chrétien » face à des conflits où d’autres dynamiques sont (également) en jeu, ou si l’utilisation du terme « génocide » est une surestimation, même dans le cas d’une réalité tragique, le monde ne nous prendra pas au sérieux. En effet, une telle optique interprétative conduit à des raccourcis et à des compréhensions simplistes, alors qu’en fait les causes profondes sont souvent multiples et complexes.

Plutôt que de nous laisser tenter par une mentalité de victime ou une évaluation simpliste de la dynamique à multiples facettes, la manière dont nous traitons la persécution peut être une occasion de remplir notre vocation prophétique, en disant la vérité avec sagesse. Nous pouvons rechercher le dialogue avec les autorités concernées et les inviter, avec fermeté mais respect, parfois en public, parfois en privé, à changer de cap et à respecter la justice et les droits de l’homme des personnes sous leur responsabilité. J’espère que notre plaidoyer prophétique pourra également être un témoignage chrétien en accord avec l’Évangile et l’amour de Dieu pour l’ensemble de sa création.

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Les Défis pour les Chrétiens dans les Contextes Laïques d’Europe Occidentale https://www.lausanneeurope.org/fr/the-challenges-for-christians-in-secular-western-european-contexts/ https://www.lausanneeurope.org/fr/the-challenges-for-christians-in-secular-western-european-contexts/#respond Thu, 28 Jan 2021 14:08:57 +0000 https://www.lausanneeurope.org/the-challenges-for-christians-in-secular-western-european-contexts/ La nature de la société en Europe est en train de changer. Mon expérience se situe principalement au Royaume-Uni et même ici l'époque où la culture était automatiquement encadrée par les valeurs judéo-chrétiennes et où les lois étaient basées sur ces vérités intemporelles est révolue. Depuis la Première Guerre mondiale, et avec les fruits des Lumières et de Darwin, nous avons commencé à voir les chrétiens se retirer de la vie nationale. Dans le passé, la position par défaut était la foi chrétienne, même s'il ne s'agissait pas d'une foi personnelle telle que nous l'entendons. En temps de crise, c'est vers l'Église que l'on se tournait. En 2021, le langage de l'enseignement chrétien n'est plus compris ni naturel. Nulle part cet analphabétisme n'est plus clair que dans l'exemple que m'a donné un commentateur politique de haut niveau qui, en discutant avec un journaliste de très haut niveau, a mentionné le Livre des Romains. La question s'est alors posée : "Qui a publié ce livre ?"

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Photo de Hugo Sousa sur Unsplash

La nature de la société en Europe est en train de changer. Mon expérience se situe principalement au Royaume-Uni et même ici l’époque où la culture était automatiquement encadrée par les valeurs judéo-chrétiennes et où les lois étaient basées sur ces vérités intemporelles est révolue. Depuis la Première Guerre mondiale, et avec les fruits des Lumières et de Darwin, nous avons commencé à voir les chrétiens se retirer de la vie nationale. Dans le passé, la position par défaut était la foi chrétienne, même s’il ne s’agissait pas d’une foi personnelle telle que nous l’entendons. En temps de crise, c’est vers l’Église que l’on se tournait. En 2021, le langage de l’enseignement chrétien n’est plus compris ni naturel. Nulle part cet analphabétisme n’est plus clair que dans l’exemple que m’a donné un commentateur politique de haut niveau qui, en discutant avec un journaliste de très haut niveau, a mentionné le Livre des Romains. La question s’est alors posée : « Qui a publié ce livre ? »

William Nye, un ancien conseiller gouvernemental respecté au cœur du pouvoir, a écrit sur « l’esprit de sécularisation » qui imprègne désormais l’appareil gouvernemental au Royaume-Uni et à l’Ouest. Après 20 ans de travail au plus haut niveau, il voit le « retrait progressif du christianisme » de la vie nationale, malgré les expressions publiques de soutien de la part de membres importants du Parlement. L’effet est que de plus en plus de chrétiens ont peur de s’exprimer et se sentent privés de leurs droits.

Ce qui rend cette situation si alarmante, c’est que le christianisme a toujours été une foi très vocale. Les chrétiens disent la vérité parce que l’amour de Dieu les y contraint. Les commentaires de M. Nye nous rappellent qu’au minimum, le christianisme est considéré comme un élément non pertinent et, au pire, comme quelque chose qui doit être enlevé de la société en faveur d’une compréhension plus progressive de la « vérité ». La laïcité, le matérialisme et la mentalité postmoderne ont sapé les valeurs chrétiennes au point que les chrétiens eux-mêmes ressentent une pression pour se taire. Le libéralisme est la nouvelle pierre de touche.

Une hiérarchie des droits est apparue avec le droit d’être qui on veut sexuellement, qui est aujourd’hui considéré comme un droit plus important que la liberté de religion et de croyance. Le débat est clos et la législation sur les crimes de haine cherche à criminaliser la pensée et le discours en privé comme en public.

Dans ce contexte, il est facile d’être déprimé, mais Dieu est à l’œuvre ! Un étrange paradoxe est évident. D’une part, le gouvernement britannique loue et finance les initiatives chrétiennes dans les communautés et reconnaît la riche contribution de l’église à la vie nationale, et d’autre part, il propose des mesures qui pourraient sacrifier le christianisme.

Lors du petit déjeuner de prière du Parlement national de 2018, la Premier ministre Theresa May a fait ce commentaire : « L’évangile chrétien a transformé le Royaume-Uni, ses valeurs et ses enseignements contribuant à façonner les lois, les coutumes et la société du pays ». Alors que l’orateur, Tim Keller, a parlé du mandat de Jésus d’être le « sel de la terre » : « Les chrétiens devraient être dispersés dans les sociétés du monde… afin de faire ressortir le meilleur de cette culture particulière et de prévenir ses pires tendances également. Mais seulement si les chrétiens demeurent le « sel », ce qui est différent du reste de la culture ».

Alors, les chrétiens peuvent-ils encore être audacieux et provoquer des changements, et si oui, comment le faire ?

Mon expérience avec CARE, une organisation caritative chrétienne qui cherche à faire respecter la vérité de Dieu dans la société, en travaillant aux plus hauts niveaux du gouvernement pour proposer de bonnes lois et atténuer les mauvaises, est que nous pouvons et devons le faire. Dans le Mandat de création dans la Genèse, Dieu nous appelle à « gouverner le monde avec Lui et pour Lui ». Il est un Dieu de justice et de salut et nous devons être une voix pour les sans-voix. Il reste de nombreuses opportunités à saisir. Nous devons le faire tant que nous en sommes encore capables.

Au fil des ans, CARE a appris quelques leçons clés sur la façon dont nous agissons pour défendre la vérité, mais avec grâce.

Tout d’abord, nous devons nous engager avec passion et conviction. Abraham Kuyper, théologien néerlandais et Premier ministre des Pays-Bas entre 1901 et 1905, a écrit : « Dans l’étendue totale de la vie humaine, il n’y a pas un seul centimètre carré dont le Christ, qui est seul souverain, ne déclare pas « C’est à moi » ». Nous avons le droit de « prendre toute pensée en otage pour le Christ ».

Cependant, dans une société de plus en plus intolérante et spirituellement illettrée, nous devons également le faire avec sagesse. Cela signifie qu’il faut être informé, ne pas réagir par réflexe aux situations, mais agir sur la base de bonnes recherches et de renseignements. Nous devons utiliser le bon langage, en rencontrant les gens là où ils se trouvent. L’apôtre Paul était un maître en la matière. Il utilisait les outils et les opportunités de son temps. Il a raisonné dans la synagogue avec les Juifs et sur le marché avec les Grecs craignant Dieu. À Athènes, il disputa avec les philosophes à l’Aréopage et fit référence à l’autel du Dieu inconnu. Ce qui est frappant ici, c’est qu’il s’est exprimé avec courage. La sagesse ne consiste pas à se taire lorsque la vérité de Dieu doit être respectée. Nous ne devons pas être somnambules dans l’avenir. Les prophètes de l’Ancien Testament ont condamné sans crainte l’injustice et comme le psalmiste et Esaïe 58 le proclament, c’est le vrai jeûne.

Bien sûr, il est important de choisir les bonnes batailles à mener. La politique est souvent l’art de faire un choix entre des biens relatifs et des maux moins importants. Parfois, cela signifie qu’il faut faire des compromis pour une « victoire » plus lointaine. Le prophète Daniel de l’Ancien Testament en était un merveilleux exemple. Il s’est plongé dans la compréhension d’une culture étrangère, mais il est resté ferme sur les fondements de sa foi où il n’y avait pas de place pour le compromis. C’est souvent une ligne difficile à maintenir. De même, les médias doivent être utilisés à bon escient. C’est tout un sujet en soi, mais quelques points doivent être soulignés. S’il est flatteur d’être invité à contribuer, il est essentiel d’être conscient des pièges cachés imprévus et de savoir quand ne pas répondre. Un plan doit être mis en place dans l’éventualité où les choses tourneraient mal.

Avant tout, comme nous y invite Pierre, nous devons défier là où c’est nécessaire, mais toujours être gagnants et respectueux (1 Pierre 3:15). Les relations sont essentielles. Le rôle des dirigeants dans la vie nationale est souvent solitaire et exerce d’énormes pressions sur l’homme politique et sa famille. En effet, même au Royaume-Uni, ces dernières années, nos collègues députés ont fait état de terribles abus et même de menaces de mort. Nous devons prendre le temps de connaître nos représentants élus et les soutenir pratiquement de toutes les manières possibles. Soit dit en passant, j’ai rarement connu un homme politique qui, lorsqu’on lui a demandé s’il apprécierait que nous priions pour lui, a refusé ! Les féliciter pour les bonnes choses qu’ils ont faites pour les encourager signifie souvent qu’ils écouteront lorsque nous devrons les défier. En bref, nous devons gagner le droit de parler et d’être écoutés et construire des relations authentiques pleines de grâce et de vérité.

Nous devons nous engager dans la prière avec intégrité et foi, en reconnaissant surtout que les dirigeants ont été mis là par Dieu « pour nous faire du bien » (Romains 13). Je trouve fascinant qu’en disant cela aux nouveaux chrétiens de Rome, alors que la liberté était menacée, Paul ait souligné ce fait à deux reprises. Si nous ne faisons rien d’autre, nous pouvons et devons prier pour eux.

Nous vivons à une époque où le débat sur le rôle de la foi dans la vie publique en Europe devient encore plus vif. En effet, pour certains, il devient difficile de s’y retrouver. Il n’est pas toujours facile de comprendre ce que signifie vivre et agir en tant que chrétien dans un environnement qui peut être hostile, et cela devient encore plus difficile plus on s’implique, mais être sel et lumière signifie que nous devons agir.

En revenant à Daniel, il a pu vivre sa foi avec intégrité et, en même temps, trouver grâce aux yeux des rois païens. Il a dû faire face à des épreuves de foi bien au-delà de celles que la plupart d’entre nous en Occident sommes appelés à vivre, et pourtant, à chaque fois, il a constaté que Dieu honorait sa foi, lui donnait du pouvoir et le protégeait.

Alors, « soyons irréprochables et purs, des enfants de Dieu irrépréhensibles au milieu d’une génération perverse et corrompue, parmi laquelle nous brillons comme des flambeaux dans le monde« . (Philippiens 2:15)

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